« Kinderland », l’histoire en marge

Mirco est en 5ème. Un peu trouillard, plutôt timide, le bon élève (sauf en sport) passe son temps entre le collège, les Pionniers, l’église et ses livres. Une adolescence presque banale. A Berlin-Est. En 1989.

Mirco est en 5ème. Un peu trouillard, plutôt timide, le bon élève (sauf en sport) passe son temps entre le collège, les Pionniers, l’église et ses livres. Une adolescence presque banale. A Berlin-Est. En 1989.

 

Critique. Kinderland est le dernier livre de Markus « Mawil » Witzel, auteur berlinois né en 1976, publié en France chez Gallimard (traduit de l’allemand par Paul Derouet) qui a reçu le prix Max und Moritz au dernier Salon de la bande dessinée d’Erlangen. Kinderland raconte le quotidien de Mirco et Torsten. Mirco s’est découvert une véritable passion pour le tennis de table et il convainc son nouvel ami d’organiser un tournoi. Pour défier les grands, pour battre les plus forts, pour s’affirmer, pour s’exprimer.

  Les protagonistes ont l’âge des premiers émois amoureux, des serments d’amitié, des doutes existentiels et de l’insouciance juvénile, dans une société marquée par le poids du régime communiste. Mawil brosse un portrait fin d’un lieu, d’une époque où les aspirations diffèrent selon le statut social, où les modes de vies sont disparates, les destins différents. Avant de partir en camp de vacances avec les Pionniers, les enfants dansent sur de la musique importée faisant les beaux jours du marché noir. (« Génial, c’est Depeche Mode ? - Aucune idée… »). Et d’entonner le refrain : « piepel’a piepel’sso weischudibii ».

Le soir, les parents de Mirco parlent tout bas d’évasion. Dans la rue, on chuchote, on se méfie. De la Stasi, de ce qui pourrait arriver si... Un jour, on apprend qu’une élève ne viendra plus à l’école, Frau Kranz a ce commentaire : « Peggy et ses parents ne manquaient de rien dans notre pays… Si quelqu’un succombe aussi facilement aux basses tentations de l’Ouest ». Frau Kranz a le nationalisme chevillé au corps. Mirco, Torsten et les autres ne savent pas que leur monde ne sera bientôt plus le même.

Kinderland est le récit d’une amitié, une tranche de jeunesse est-allemande, une chronique fraîche et intelligente à la veille de la chute du mur. Sur fond de tournoi de ping-pong.

 

 

  • Kinderland, de Mawil (traduction Paul Derouet), 292 pages couleur, Gallimard, 27€.

 

 

 

Mawil est édité par Reprodukt en Allemagne et 4 titres ont été publiés en France par 6 Pieds sous terre :

  • On peut toujours rester amis, 2005.
  • Safari Plage, janvier 2006.
  • THE BAND, 2007.
  • Welcome Home, 2009.

 

 

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