Avocat sans frontières France aux côtés des exilés de Calais

Plusieurs avocats d’ASF-France se sont rendus à Calais du 24 au 28 octobre pour une mission d’observation et d’assistance auprès des associations, des bénévoles et des exilés durant l’évacuation et le démantèlement du camp.

 

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La préfecture du Pas-de-Calais leur a refusé l’accréditation qui leur aurait permis d’accéder au camp, malgré plusieurs demandes et les protestations des associations d’avocats, ainsi que du Conseil national des barreaux et de la Conférence des bâtonniers. Cette interdiction se fondait sur un arrêté administratif qui a été abrogé jeudi 27 octobre, alors qu’un recours avait été déposé en référé par l’ADDE (Association Avocats pour la Défense des Etrangers) et la Ligue des Droits de l’Homme devant le Tribunal administratif.

François Cantier, président d’Avocats sans frontières France, a rencontré sur place les associations partenaires, comme Médecins du Monde avec laquelle plusieurs avocats d’ASF-France sont intervenus cet été en Grèce, mais aussi des bénévoles de la Cabane juridique, qui eux aussi n’étaient pas autorisés à accéder au camp alors qu’ils sont présents depuis plusieurs mois à Calais pour apporter aide et conseils juridiques aux exilés, en particulier les mineurs et personnes vulnérables.

Mineurs sans abri livrés à eux-mêmes

Plusieurs avocats d’ASF-France sont intervenus à Calais cette semaine, parmi lesquels Marie-Hélène Calonne, du barreau de Boulogne, Marie-Paule Voisin-Dambry, bâtonnière honoraire du barreau de Dieppe, ainsi que Vincent Fillola, Calvin Job et Boris Rosenthal. Ils ont notamment assisté un journaliste arrêté sur le site, ainsi que plusieurs mineurs sans abri et livrés à eux-mêmes depuis mardi 24 octobre. Le Parquet des mineurs a été saisi pour qu'avec le Juge des enfants des mesures immédiates soient prises afin que ces enfants soient pris en charge. Plusieurs requêtes dans ce sens ont été rédigées par cinq avocates du Barreau de Versailles arrivées mercredi et ont été déposées mercredi et jeudi par Maître Calonne.

Jeudi soir, nous avons reçu un appel urgent de Médecins du Monde concernant le cas d'un exilé manifestement atteint de graves troubles du comportement qui refusait de quitter les lieux. Nous avons aussitôt alerté le Procureur de garde pour qu'il s'empare de la situation et désigne un expert psychiatre.

Droits fondamentaux

La situation des mineurs reste particulièrement préoccupante à Calais, où l’on observe que plusieurs dizaines d’entre eux ne bénéficient pas aujourd’hui encore d’une mise à l’abri – dans une situation confuse où l’on a noté l’absence flagrante de fonctionnaires de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) durant ces opérations encadrées d’abord par les forces de l’ordre.

Si l’évacuation et la mise à l’abri des exilés vivant dans de terribles conditions dans le camp de Calais s’imposait, la situation n’est aujourd’hui pas réglée et on assiste à un afflux de réfugiés, notamment à Paris. Dans ce contexte, la défense des droits fondamentaux des personnes reste plus que jamais nécessaire, et ASF-France réaffirme sa volonté d’être présente auprès des réfugiés et migrants, en France comme partout dans le monde.

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