Contre les bêtes

La petite salle de la maison de la poésie est une… toute petite salle. Une cave comme en recèlent les bâtiments du quartier, on y tient serré collé à 40. Et, dans cette petite salle, on passe souvent de grands moments. C’est le cas quand on va écouter Jacques Rebotier  nous parler des « ommes »  « et de l’extinction durables des espèces », nous déballer « contre les bêtes », un texte écrit il y a dix ans.

La petite salle de la maison de la poésie est une… toute petite salle. Une cave comme en recèlent les bâtiments du quartier, on y tient serré collé à 40. Et, dans cette petite salle, on passe souvent de grands moments. C’est le cas quand on va écouter Jacques Rebotier  nous parler des « ommes »  « et de l’extinction durables des espèces », nous déballer « contre les bêtes », un texte écrit il y a dix ans. Jacques Rebotier allume les mots comme d’autres les réverbères. 

Avec une joie non feinte, une mine de crayon farceur, il dégomme les humains, lit un conte écologique, se fiche de la gueule des moutons, et nous rappelle judicieusement que les lucioles sont en voie d’extinction à cause de la lumière électrique. Jacques Rebotier est auteur, metteur en scène, compositeur et surtout observateur du monde. Au milieu d’un carré de gazon synthétique, aussi piquant que son verbe, il exulte « Fuck les faucons, Fuck the phoques, les furets les fouines, les fausses-souris, les finoféroces , les fafillons ! »

Il  joue comme un gosse, se fiche de toutes les convenances allant même jusqu’à garder son texte en main. Il détourne les mots , jubile d’en révéler toutes les sonorités, les tourne et les détourne, pour en extraire l’essentiel. Agent secret de la poésie , il regarde le monde « comme il est bêêête ». Rebotier nous appelle à faire disparaître au plus vite toutes ces espèces qui nous encombrent, ces tortues par exemple. incapables de faire la  différence entre un sac en plastique et une méduse et « les brebis qui n’ont pas compris que leur vrai nom est méchoui, diminutif mais oui ». Ces vaches folles responsables de la mort de … 143 personnes, ces poulets plein de grippe et autre SRAS.

« Contre les bêtes » est un spectacle minimal et brillant , une espèce de théâtre non protégée, à déguster sans attendre

 

 

Maison de la poésie à Paris

Jusqu’au 26 mai du mercredi au samedi

01 44 54 53 00

www.maisondelapoesie.com

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