La nostalgie de l'avenir

La nostalgie de l’avenir d’après la mouette d’Anton Tchékhov.On entend les acteurs chuchoter dans les coulisses, des rires, un texte que l’on reprend , « merde je me suis trompée » soudain un coup de feu, lumière précipitation, des cris et cette phrase Qu’on emmène Irina loin d'ici, son fils est mort.

La nostalgie de l’avenir d’après la mouette d’Anton Tchékhov.

On entend les acteurs chuchoter dans les coulisses, des rires, un texte que l’on reprend , « merde je me suis trompée » soudain un coup de feu, lumière précipitation, des cris et cette phrase Qu’on emmène Irina loin d'ici, son fils est mort. C’est ainsi que le spectacle commence et que la pièce de Tchekhov ,La mouette, finit. Un jeune homme ,Kostia , s’est suicidé. Sa tante Petra ouvre son ordinateur , sur l’écran du bureau, une mouette morte. Dans le disque dur du PC ,des textes, quelques photos, des vidéos (Saluons au passage le très beau travail vidéo de Joachim Thome), les traces de cette vie disparue. Le travail de deuil commence, et nous sommes conviés comme des proches par les membres de la famille à nous souvenir

 

Myriam Saduis adaptatrice et metteur en scène fait mise à jour sans altération du texte, pour aller à l'essentiel.Elle plonge au cœur d' une famille décomposée centrée autour de la relation toxique entretenue par Irina,actrice célèbre, mère absente ,qui refuse de vieillir et son fils Kostia, jeune auteur de théâtre qui rêve de formes nouvelles. Une histoire vieille comme le monde faite d’égos malades, amour, désirs, mensonges et trahisons..A fleur de peaux, les personnages, portés par des acteurs formidables sont désespérément humains, comme dans un film de Casavettes.  Kostia et Nina ( Pierre Verplanken et Aline Mahaux) semblent vivre en direct leur tragique histoire d’amour, ils nous donnent l’impression de créer leur spectacle comme ils le jouent devant la petite société familiale Irina ( Florence Hebbelynck) est génialement insupportable dans son refus puéril de vieillir , et terriblement émouvante quand blessée à mort par son jeune amant Trigorine (Soufian El Boubsi) qui lui préfère la jeunesse de Nina, elle négocie son amour, ravagée de douleur. Trigorine est détestable à souhait, parfait dans la vacuité de son existence. Le médecin Dorn (Fabrice Dupuy), pathétique et grandiose a des accents Gainsbourgiens, fausse nonchalance des timides et Petra (Tessa Volkine), beauté vénitienne nous déchire quand elle confie à la caméra de Kostia la perte de toute ambition y compris celle de séduire. Entre les actes, les acteurs disparaissent et apparaissent derrière une écran de plastique opaque tendu en fond de scène. L’image des corps flous comme leur mémoire se dilue dans l’espace .

Au sortir du spectacle, il est 13h, le soleil cogne, Kostia est mort et on ne s'en remet pas.

 

La nostalgie de l'avenir

Théâtre des Doms à Avignon

jusqu'au 28 juillet à 11h

04 90 14 07 99

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