Klezmer version électro-éclectique

Du bout de sa clarinette, Yom se frotte volontiers au jazz, hip hop, funk, fanfares balkaniques, psyché, punk, country (avec les Yiddish Cowboys – « frankly, it ain't nothing so unusual about being a jewish cowboy », assure SoCalled) et même de la « musique typiquement française »... avec la guimbarde chinoise de Wang Li (voir « Un Chinois et un Juif qui représentent la musique française », reportage de Patrick Artinian).

Rien d'étonnant.;Klei zemer, c'est le colporteur de chansons, le musicien en yiddish. Et la musique klezmère, c'est la tautologie “musique de musicien”, tout ce qui peut rentrer par le trou de l'oreille. Pourquoi, dès lors, ne pas y intégrer les styles que l'on entend à son passage ?   

Yom et Wang Li jouent Green Apocalypse © Mediapart

Rien d'étonnant non plus à voir Yom se costumer pour jour. Il faut l'avoir vu s'effacer, modeste, de peur de déranger, lors d'un précédent festival pour comprendre son goût prononcé pour les titres ronflants et ironiques : New King of klezmer clarinet, avec chaînes bling bling, couronne de travers et lunettes fumées voici une paire d'années, il est désormais devenu superhéros Marvel, avec vrai costume à biscottos artificiels, se battant à coup de diagnostics définitifs et vaguement situ' (« Tu n'as pas sublimé la pulsion agressive qui est en toi... Angoisse de castration non résolue sans doute », « l'amour n'est-il pas l'expression d'un désir égoïste de possession de l'autre et par là-même d'une certaine aliénation »...).

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Les Wonder Rabbis (synthé, basse, batterie, effets en pagaille) accompagnent Yom d'un gros sons électro, club de temps en temps, trip hop ou planant, des échos de Sigur Ros, de Mogwai, de Massive Attack, Portishead... Inhabituel a priori pour un festival de musiques du monde, mais programmé dans le créneau expérimental, les Nuits des forges, dans la friche industrielle qui reçoit aussi les rencontres photographiques d'Arles en attendant un bâtiment conçu par Franck Gehry. On y verra aussi le métissage électro + cumbia des colombiens de Bomba Estero (12 juillet), le gnawa jazz d'Aziz Sahmaoui + University of Gnawa (vendredi) ou la kora électrique du guinéen Ba Cissoko (samedi). On en reparlera ici...

  • Mercredi 11 juillet à  23 heures aux ateliers SNCF pour une nuit des forges jusqu'à 4 heures du matin avec VJ Jérémie Dres (Tablographie with love)
  • Jeudi 12 juillet à 16 h 30, interrogé par Philippe Krümm, spécialiste de l'accordéon lors d'un salon de musique au Musée de l'Arles antique

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