Je peux pas, j’ai stage…

Le Festival des Suds accueille cette année trente-huit stages autour de la voix, de la pratique instrumentale, de la danse, de l’art de vivre et deux d’entre eux s’adressent à un jeune public. C’est l’un des rares festivals de l’hexagone à faire une proposition aussi diversifiée et importante.

« Là-bas, c’est où ? » et « Môm’en musique » vont permettre aux enfants de parcourir des voyages musicaux, véritables cartes du monde, autour de la programmation du festival. Pendant ce temps, leurs parents auront la possibilité d’approcher l’instrument de leur passion, de découvrir la danse d’ici ou d’ailleurs, de lancer leurs voix ou de s’imprégner d’un certain art de vivre tellement sudiste.

Les stages ont démarré avec le premier festival. L‘inspiration, c’est Marie José Justamond, actuelle Présidente et fondatrice de l’association et, jusqu’à l’année dernière, Directrice du Festival des Suds. Issue des Rencontres Photos d’Arles, elle y avait expérimenté l’importance de la mise en place de stages dans la charpente d’une manifestation de ce type. Or, à l’époque, les festivals de musique étaient loin de s’être approprié l’idée. « Nous avons eu la volonté de faire vivre le festival de l’intérieur, de provoquer des rencontres privilégiées avec la démarche d’un professionnel que l’on désire approcher et, pour certains, de pouvoir disposer d’un enseignement dispensé par un artiste dont l'excellence dans son domaine est reconnue par ses pairs. »

En 1996, lors de la première édition, sept stages sont proposés dont un avec les Rencontres : "Le spectacle fait action", une master class de guitare flamenca avec Manolo Sanlucar -excusez du peu-, et, pour la danse flamenca, Israël Galván du haut de ses tout juste dix-sept ans.

Le choix de créer des stages de voix autour des chants du monde, c’est aussi Marie José : « il en existait, je pense, seulement en Suisse. Hors, ici, arrivait la vague de la deuxième génération de la musique des Pays d’Oc, Manu Théron, Gacha Empega… provoquant notre intérêt et même notre passion. On a senti que c’était le bon moment… » Huit stages de voix sont proposés actuellement des chants des Pays d’Oc au chant bouddhique Shômyô.

Quelques années plus tard, Ronald Mack est venu proposer d’intégrer le yoga aux musiques. Il a ouvert la voie aux stages sur l’art de vivre qui, à ce jour, s’intéressent aussi à la calligraphie coréenne et à la cuisine provençale…

Quelques 430 stagiaires sont inscrits pour cette édition 2019. Certains reviennent chaque année pour retrouver leur passion, d’autres, plus curieux, pour s’ouvrir aux découvertes.

Moi, l’an prochain, j’animerai un stage sur l’art de pratiquer la sieste musicale !

 

Anselme Koba

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