Vincent Truffy
Journaliste à Mediapart

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Plein Suds

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Billet de blog 14 juil. 2012

Vincent Truffy
Journaliste à Mediapart

Che Sudaka, chansons pour les gens qui voient le monde autrement

Comment traduire Che Sudaka en français ? Che est un mot mapuche, qui désigne souvent les Argentins, comme Ernesto Guevara, c'est le gars. Sudaka, c'est le mot péjoratif pour désigner les sud-a(méri)ca(ins). Difficile à porter.

Vincent Truffy
Journaliste à Mediapart
© Romguitare

Comment traduire Che Sudaka en français ? Che est un mot mapuche, qui désigne souvent les Argentins, comme Ernesto Guevara, c'est le gars. Sudaka, c'est le mot péjoratif pour désigner les sud-a(méri)ca(ins). Difficile à porter.

© alan funes

Pourtant l'assemblage résume bien ce que ce groupe a vécu. Etrangers aux réseaux porteños de Buenos Aires, ils ont émigré, sans papier, en Europe en 2000. Musiciens de rue, ils se retrouvé avec les musiciens de rue de Barcelone, trois Argentins, deux Colombiens, un Catalan, sur la plaza Tripi, dans le quartier gothique, rebaptisée place George-Orwell, parce que la mairie avait jugé bon de mettre tout ce petit monde interlope sous la surveillance des caméras municipales. Depuis, ils évoquent le temps où Barcelone « était une ville libre », avec des musiciens dans ses rues. Temps révolu. 

© kachafaz fernandez

Le parrainage de Manu Chao améliorera sensiblement cet ordinaire du groupe qui fait la manche dans les trains de banlieue et près des terrasses à touristes. Il participent à la compilation métissée La Colifata (les “doux dingues”, sous-titré siempre fui loco), en hommage à l'émission de libre antenne de LT 22, la radio « non-officielle » de l’hôpital psychiatrique Borda à Buenos Aires où chaque samedi de après-midi, les pensionnaires peuvent s'exprimer “sans entrave”.

La suite a lieu dans le sillage de Radio Bemba, tournées et concerts, kilomètres en pagaille, et dix ans plus tard, ils comptent, ce 14 juillet, 1010 concerts dans 26 pays. Avec un répertoire alternatif, sans que l'on puisse bien dire s'il s'agit de ska, de rock, de salsa ou de cumbia. Eux assurent simplement qu'ils jouent de la musique populaire, celle qui leur vient sous les doigts. Avec un message qui n'est pas que politique – même s'il l'est souvent. Comme Que viven la gente, née un été place de Catalogne, en écho à Sol.

© Vindiablo86

Nos llamaron indignados / nos llamaron perroflautas / movimiento anticonstitucional / nos dijeron cualquier cosa / pero ninguna es respuesta / y este canto canta para no olvidar / que viva y viva la gente que ve el mundo diferente! 

  • Concert gratuit le 14 juillet à 22h45, place de la République, à Arles

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