Rencontre professionnelle : Diversité, de quoi parle-t-on ?

Les Suds à Arles convient chaque année des professionnels de la culture mais aussi du secteur de l’éducation et du social à venir échanger sur une thématique. Cette année, la diversité. Que recouvre cette notion ? La diversité est-elle soluble dans l’idéal républicain ?

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Introduite par Alain Renaut, Professeur émérite à la Sorbonne et Directeur du Centre International de Philosophie Politique Appliquée, elle a regroupé une trentaine de personnes. Se sont jointes aux échanges : l’artiste originaire de Rio de Janeiro, Flavia Coelho, qui chantait le soir au Théâtre Antique, et Naïma Yahi, directrice adjointe de Villes des Musiques du Monde et chargée de l'Observatoire des Musiques et danses d'Ici.

Pour Alain Renaut, alors qu’une uniformisation par la mondialisation de nos sociétés semble inéluctable, l’apparition de groupes affinitaires par la radicalité de leurs positions, accélérée par l’importance croissante de réseaux sociaux, fragilise les valeurs communes jusqu’aux droits humains. Ces identités collectives propres, qui revendiquent s’inscrire en défense de la diversité, viendraient en fait fragmenter la cohésion du corps social. La prise en compte essentielle de la diversité se trouvant alors confrontée au rejet de tout ce qui n’est pas soi.

Concomitantes, les politiques d’intégration, qui souhaitaient accueillir chacun avec ses différences, ont basculé vers une volonté d’assimilation aux conséquences anti-multiculturelles.

Naïma Yahi a souligné qu’il existe dans les territoires des traditions et des cultures des migrations qui se mettent en dialogue. Loin de s’enfermer dans leurs espaces propres, elles superposent des pratiques et des identités. C’est le fond des musiques actuelles, traversées par toutes les influences.

Flavia Coelho a su illustrer ces échanges à partir de situations qu’elle a vécues à son arrivée en France et par un bel hommage à Rachid Taha, figure de proue du multiculturalisme.

La réflexion s’est poursuivie l’après-midi en ateliers : un premier pour avancer sur la constitution d’un référentiel qui permette à la fois de déterminer le périmètre de la diversité et de tracer les contours d’une meilleure représentativité de notre société ; un second avec des acteurs, et des actrices, portant le combat de l’égalité femme - homme, afin de voir si certains des moyens utilisés sont transposables.

Ce travail sera poursuivi à travers le réseau professionnel de Zone franche pour se conclure en janvier dans une série de propositions présentées en amont de la campagne présidentielle.

 

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