Chamamé, le soufflet essoufflé de Raul Barboza

On l'appelle «chamamé» ou «polka de Corrientes» du nom de la région du nord-est de l'Argentine où la musique des indiens guaranis a rencontré le schottische d'Europe centrale, la guitare des colons espagnols, l'accordéon des immigrés italiens. «C'est la musique de mes parents, qui étaient guaranis, explique Raul Barboza. J'ai écouté ça pendant toute ma jeunesse à Buenos Aires, et donc la syncope caractéristique du chamamé est devenu quelque chose de parfaitement naturel pour moi».

On l'appelle «chamamé» ou «polka de Corrientes» du nom de la région du nord-est de l'Argentine où la musique des indiens guaranis a rencontré le schottische d'Europe centrale, la guitare des colons espagnols, l'accordéon des immigrés italiens. «C'est la musique de mes parents, qui étaient guaranis, explique Raul Barboza. J'ai écouté ça pendant toute ma jeunesse à Buenos Aires, et donc la syncope caractéristique du chamamé est devenu quelque chose de parfaitement naturel pour moi».

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Ce n'est pourtant pas une musique traditionnelle qu'il joue. Il emprunte, il hybride, bouscule le musette. Rencontre Astor Piazzola, Joe Privat, Richard Galliano, Marcel Azzola. Où l'on se dit que l'accordéon est une affaire d'Auvergnats et d'Italiens. D'Argentins en somme.

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«J'ai appris que l'acordéon n'est pas seulement un instrument de musique. Il y a de l'âme à l'intérieur. Parce qu'il faut des milliers de pièces pour le fabriquer. Quand j'avais 13 ans, j'ai vu la mama Anconettani assembler le soufflet de mon premier accordéon. Elle avait plus de 80 ans. Au premier étage de cette maison, je sentais le parfum de la cire utilisée pour coller les lames, de la bougie qui la maintenait liquide, j'entendais le bourdonnement des abeilles, parce qu'ils avaient une ruche pour récolter la cire. Quand j'ai reçu cet instrument, j'ai compris que j'avais entre les mains l'âme de mama Anconettani, l'esprit et l'attention qu'elle a porté pour mettre chaque pièce à sa place. Et quand je vois mon accordéon aujourd'hui, ce n'est pas quelque chose, c'est quelqu'un. C'est une partie de ma musique.»

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