La Radio des Suds. S’ouvrir au monde.

Bientôt vingt-ans que la Radio des Suds fait vivre au cœur et en direct le Festival. Mais c’est seulement la partie visible de l’iceberg d’une action pédagogique articulée autour des musiques du monde et réalisée au fil de l’année auprès de la jeunesse dans les collèges et les quartiers.

Les jeunes de la Radio des Suds © Stéphane Barbier Les jeunes de la Radio des Suds © Stéphane Barbier

Bientôt vingt-ans que la Radio des Suds fait vivre au cœur et en direct le Festival. Mais c’est seulement la partie visible de l’iceberg d’une action pédagogique articulée autour des musiques du monde et réalisée au fil de l’année auprès de la jeunesse dans les collèges et les quartiers. C’est le cas, par exemple, avec Barriol, ce quartier séparé du Centre-ville par la voie rapide. Plusieurs rencontres avec le Centre Social ont permis de repérer les jeunes qui seraient intéressés par le projet d’intégrer l’équipe de la radio ou, depuis cette année, celle des captages vidéo. « Il s’agit, autour de cette expérience, de leur donner envie de découvrir ces musiques, confiance dans leur capacité à prendre des responsabilités, de s’ouvrir au monde quoi ! » explique Rémy Gonthier, responsable de l’Action Culturelle.

 

L’aventure a démarré en juin. Les jeunes retenus ont participé à douze ateliers de sensibilisation à l’univers d’une radio, animés par Capucine Caro. Cela a abouti à la réalisation d’une première émission sur la web-radio des Pays d’Arles, lors de la fête du quartier le 7 juillet dernier. Le groupe définitif a ensuite participé à trois jours de stage intensif sous la conduite d’Antoine Chao (France Inter), depuis le montage de l’antenne de diffusion jusqu’à l’habillage musical de la radio.

Tout était en place dimanche 9 juillet, la veille du début du Festival.

 

La journée commence par une réunion vers 10h30 dans la cour de l’école du Cloître, qui accueille les bureaux du Festival. Mohamed, Marguerite, Yacine, Anthony, entre autres, sont assis sur le petit banc ou sur la balançoire, plus ou moins attentifs à la distribution des rôles. Capucine Caro : « Qui va faire la collecte de sons avec Adeline ? » Mohamed se propose. Yacine, lui, va préparer le plateau qui accueillera King Ayisoba. Rencontrer Henri Maquet ? Mohamed est à nouveau partant. Il est souvent volontaire. « Non, tu ne peux pas tout faire Mohamed ! » Capucine gère son petit monde. Sur la balançoire on commence à s’agiter. On s’interpelle en arabe. Marguerite demande à comprendre. « Orpheus XXI, ça intéresse quelqu’un ? » Personne ne se manifeste. Pédagogue et diplomate, Capucine explique ce dont il s’agit. « Hé bé ! Hamad ! Il est en retard mais il va arriver… » suggère Anthony. Mohamed, lui bien sûr, est disponible. Angelo arrive, en baillant. « Qu’est-ce que tu vas faire toi ? » lui demande Marguerite. Il va aller rencontrer le réalisateur Rachid Oujdi. « Je dois voir le film ? »

Petit à petit, les jeunes se mettent à bouger, se rapprochent du plateau en direct installé tout au fond à l’ombre, commencent à discuter avec l’accompagnateur qui va les superviser. Jusqu’à 18h ils seront en reportage avant de rejoindre leur QG à la Maison de Quartier de La Roquette pour leur propre plateau en direct. C’est qu’il faudra bien accueillir le King. Mohamed est partant bien sûr.

 

Bernard Déliane

 

Radio des Suds jusqu’au 16 juillet sur 102.9 FM

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