Partir à Salin-de-Giraud

Nous invitons les festivaliers et les artistes à une journée buissonnière à une quarantaine de kilomètres d’Arles, dans la commune de Salin-de-Giraud en Camargue, à l’embouchure du Rhône. Une journée rituelle, festive, rythmée par l’abrivado (lâcher de taureaux camarguais), la tellinade (dégustation de coquillages), l’apéro et la musique de la Route du Sel dans un lieu paraissant au bout du monde.

Le Festival des Suds ne peut se clore sans exprimer notre Sud. Le Festival revendique une identité provençale ouverte et généreuse qui va à l’encontre du repli sur soi dans une région où l’acceptation de la diversité est mise à rude épreuve.

Pour cela, nous invitons les festivaliers et les artistes à une journée buissonnière à une quarantaine de kilomètres d’Arles, dans la commune de Salin-de-Giraud en Camargue, à l’embouchure du Rhône. Une journée rituelle, festive, rythmée par l’abrivado (lâcher de taureaux camarguais), la tellinade (dégustation de coquillages), l’apéro et la musique de la Route du Sel dans un lieu paraissant au bout du monde.

 

Arrêtons-nous quelques instants sur ce village, bâti voici un siècle et demi sur des terres désertes et salées où seules quelques cabanes étaient regroupées au milieu des étangs. Son histoire est constituée de plusieurs vagues d’"immigrances"¹. Grecs, Arméniens, Espagnols, Yougoslaves, Polonais, Russes, Maghrébins, d’autres encore sont venus de tous les horizons travailler à Salin-de-Giraud pour ses deux industries salinières. La physionomie du lieu en témoigne. D’un côté, le quartier Solvay, unique dans le midi, aves ces bâtiments en briques, constituant une cité de corons typique du Nord de la France. De l’autre, séparé par la ligne de chemin de fer, le quartier Péchiney moins structuré et s’inspirant des fermes cévenoles. Dans les années 1950, Salin a compté jusqu’à 4000 habitants. Alors tout appartenait aux deux compagnies, le logement, les commerces, les écoles, l’abattoir, le gymnase, le cinéma et même l’église. Une cité close, en pleine autarcie, mais un témoignage vivant de la richesse de la diversité culturelle et des échanges qui s’y produisaient. Un groupe folklorique rassemblait, d’ailleurs, des habitants venus de tous les horizons. Aujourd’hui, l’ancienne cité ouvrière est en pleine mutation. Une page de l’histoire sociale et humaine du lieu est en train de se tourner.

Pour autant, la simple déambulation dans les rues de la cité fait encore ressentir cette mosaïque de cultures partagées.

 

Bernard Déliane

 

¹Titre d’un ouvrage de Benjamin Stora et Emile Termine paru en 2007.

 

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