Agir pour le vivant, «Faire orchestre»

Du 24 au 30 août, Actes Sud proposera sur Arles la première édition du festival Agir pour le vivant. En écho à cette manifestation, Les Suds, à Arles, au-delà des rencontres avec les artistes et des concerts, souhaitaient ouvrir la réflexion à ces sujets et aborder, à l’occasion du premier des plateaux radios en public, les questions : comment renouer avec le vivant, avec la nature ?

Agir pour le vivant © Florent Gardin Agir pour le vivant © Florent Gardin
Les musiques, et tout particulièrement les musiques du monde ne sont-elles pas le dénominateur commun pour ce travail de réconciliation ?

Sous la baguette d’Eric Fourreau, rédacteur en chef de NectArt et de Dare Dare, Vinciane Despret, philosophe des sciences belge et auteure de Habiter en oiseau, et Franck Tenaille, journaliste spécialisé, ont échangé et fait partager leur vision d’autres mondes possibles. L’universitaire a su transmettre, à travers son approche poétique des territoires, tout l’intérêt quelle a su tirer de l’étude des chants des oiseaux et de ce qu’ils peuvent transmettre aux sciences humaines. Son livre, Habiter en oiseau, est une proposition de nouveaux imaginaires où le territoire ne serait plus seulement lieu de compétition d’appropriation de biens, mais un prétexte à la mise en spectacle où ce  que l’on s’approprie ce sont des répertoires afin de « faire orchestre ». Ce plaisir à faire ensemble composerait alors un groupe sage, ouvert aux périphéries et plein de ressources. A l’exemple de la période récente de confinement qui a permis aux oiseaux d’avoir un univers sonore enfin à eux où ils s’entendaient mieux (au deux sens du terme).

Franck Tenaille, spécialiste des musiques traditionnelles et des musiques du monde a, d’entrée, manifesté son refus de leur marchandisation. Ces musiques sont en connexion avec leur histoire, lieux du vivant, « du visible à l’invisible, au-delà de l’esthétique ». Il illustra ses propos de "virgules" sonores, telles l’imitation du crapaud accoucheur en Charente ou encore les deux crabes sauvages de Nouvelle Calédonie, témoignant que le chant n’est pas une invention humaine mais qu’il est, dans certaines cultures, en relation de consubstantialité avec les animaux. « Il existe d’autres visions du monde que l’on retrouve dans toutes les musiques du monde… Et même dans celles qui commencent tout à côté… en Camargue ». 

Anselme Koba

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