"Et si on inversait les rôles ?"

Les salons de musique, traditionnels lieux de rencontre et d’échanges avec des artistes présents sur le festival, ont "profité" du caractère spécial du festival cette année pour changer de formule.

 © Florent Gardin © Florent Gardin

"Nous savons que les journalistes que nous choisissons pour les interviews sont riches de culture sur les musiques du monde. Alors pourquoi ne pas l’explorer ? Et pourquoi pas inverser les rôles ?" dévoile Stéphane Krasniewski, directeur des Suds.

Le chanteur Manu Théron a donc interviewé Patrick Labesse, journaliste pour Le Monde et le violoncelliste Vincent Segal la productrice de l’émission Ocora – Couleur du Monde sur France Musique, Françoise Degeorges. En prenant la chaise de l’interviewer, les artistes ont inversé les rôles mais ont-ils pour autant inversé le propos ? Premier constat : il leur a-été difficile de se mettre en retrait et de seulement questionner. Ils avaient leur mot à dire. Ètait-ce préjudiciable ? Je ne pense pas, tout au contraire. Par leurs commentaires, leurs propres anecdotes, ils ont rendu les échanges vivants. Ce n’était plus question-réponse mais échanges d’expériences, partage de vécus. Chacun des musiciens a su déployer l’art d’utiliser ses propres ressources, l’humour parfois pour Manu et le violoncelle pour Vincent. Ainsi, il a proposé de jouer des mélodies pour inspirer des souvenirs de rencontres. Celle émouvante de Nana Vasconcelos par exemple. Les questions venaient car on sentait que les réponses étaient précieuses. A travers, on se racontait des histoires, on se dévoilait. Vincent a même suggéré à sa compère de s’essayer à la chanson. Elle dira un poème. "C’était la première fois que j’étais dans cette situation" a commenté Patrick. Á renouveler ?

Anselme Koba

 

 

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