Les Suds prennent date en hiver

2017 avait accueilli le souhait de développer le Revivre des Suds au-delà d’un petit week-end à l’équateur des éditions estivales de juillet... La première édition du Festival Les Suds, en hiver, démarrait samedi 17 février 2018.

2017 avait accueilli le souhait de développer le Revivre des Suds au-delà d’un petit week-end à l’équateur des éditions estivales de juillet. Le renforcement de la coopération avec le Conservatoire de Musique du Pays d’Arles, le développement d’actions culturelles tout au long de l’année, le choix de se déployer sur d’autres communes du territoire de la Communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette et leurs lieux patrimoniaux d’exception, l’évènement MP2018 quel Amour !, autant d’arguments pour en 2018 créer Les Suds en Hiver. Dix rendez-vous et cinq cités pour les accueillir du 17 au 24 février. L’ambition est d’inciter les publics à sillonner le territoire à la rencontre des musiques et des artistes.

Ouverture lors du dernier week-end.

Accueilli à la Chapelle de la Charité à Arles, le tunisien Jasser Haj Youssef, en nous faisant découvrir la viole d’amour baroque, fait preuve d’une belle originalité dans des pièces instrumentales contemplatives à la croisée des chemins entre musiques savantes et populaires, le tout imprégné d’une émotion d’une surprenante modernité. Rejoint en deuxième partie par le troubadour Piers Faccini, ils nous proposèrent une rencontre subtile tressant des balades finement ciselées.

Voici quelques années, l’aventure DuOud avait transporté les deux complices, Mehdi Haddab et Smadj au bout du monde et aux frontières d’un électro-jazz aux couleurs orientales. Huit ans plus tard, ils étaient de retour ensemble samedi soir pour relancer cette union musicale passionnante. Dans la salle surchauffée du Cargo de Nuit, le duo a rapidement monté le son de nombreux décibels. De quoi porter à l’incandescence le mariage de l’oud (ce « bout de bois », la traduction du oud en arabe) et du Métal. D’où une tempête de riffs saturés pour les plus rock’n’roll des oudistes.

Fête toujours, le lendemain au Château de Tarascon avec Lo Cor de la Plana et sa verve revigorante, spirituelle et si authentique. Nous voulions leur faire chanter l’amour, nous avons donc eu droit à quelques pamphlets goûteux et truculents avec comme point d’orgue cette succulente farandole des quartiers marseillais.

L’édition hivernale se poursuit toute la semaine avec l’immobile voyage d’Isabelle Courroy et Shadi Fathi à Saint-Pierre de Mézoargues, la rencontre avec Tony Gatlif autour de son film Djam à Saint-Martin-de-Crau et Arles, la chorale des deux cent enfants du [Chœur Battant] à Saint-Martin-de-Crau, le Poème du Rhône de Frédéric Mistral à Boulbon et un grand rassemblement de fanfares à Arles pour une soirée de clôture ultra-festive !

 

Anselme Koba

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