Edito 2019: un festival pour donner à entendre le chant des peuples

Chaque été, pendant 7 jours et 6 nuits, de 10h à 4h du matin, le festival accueille quelque 50.000 festivaliers, pour plus de 80 concerts & rencontres musicales au coeur de la belle cité arlésienne. Découvrez l’édito de l’édition 2019 de Stéphane Krasniewski, Directeur du Festival.

Rassembler, sur un même temps, dans un même lieu, des artistes du monde entier, pour faire entendre la voix des peuples oubliés, des peuples en lutte, des peuples libérés… Qu’elle chante l’amour, la douleur ou l’espoir, la voix des artistes de cette 24e édition porte au-delà des frontières, au-delà d’elle-même, pour toucher, par sa singularité, à l’universel. Elisapie, du Nunavut, Djazia Satour, d’Algérie, Rusan Filiztek, du Kurdistan, Ibrahim Maalouf, du Liban sont quelques-unes de ces voix singulières que nous avons le plaisir d’accueillir cette année, et qui, chacune à sa manière, raconte un peuple, une histoire, une tradition, comme le chapitre d’un récit commun qu’il est de notre responsabilité de continuer à écrire.

Le rôle d’un festival dont l’ambition est de rendre perceptible la musique que fait notre monde, est de rendre fidèlement compte des pulsations de ce monde, d’en être le témoin attentif et attentionné, et de mettre en partage le fruit d’une créativité qui irrigue autant les métropoles que les zones rurales, de notre région jusqu’aux pays lointains. La programmation de cette 24e édition se veut le reflet de cette diversité, qui, de l’électro-kuduro de Pongo à la folk-wassoulou de Fatoumata Diawara en passant par le blues provençal de Moussu T, invitera à entendre le chant de peuples si loin et si proches !

L’espace et le temps se contractent à Arles, durant une semaine, pour faire résonner ces Voix Bulgares, qui, depuis des décennies, offrent au public du monde entier la mystérieuse alchimie des polyphonies slaves et ottomanes. Ce sont également les Circle Songs de Bobby McFerrin, pièces virtuoses suspendues entre improvisation et techniques vocales issues de tous les continents, ou encore beats électro de N3rdistan, qui habillent les mots de poètes soufis du XIIe siècle. Le Chant des peuples, toujours, dans cette pluralité d’expressions qui toutes se rejoignent dans l’urgence de dire que, à l’instar de la biodiversité, la diversité culturelle est indispensable à un développement durable et harmonieux de nos sociétés.

Rassembler les publics de tous les horizons, de tous les âges et de toutes les origines, c’est la vocation des SUDS, à ARLES et c’est l’intention de cette 24e édition, qui dans la joie et la gravité, dans l’exubérance et le recueillement, vous donnera à entendre le chant des peuples !

Stéphane KRASNIEWSKI
Directeur de SUDS, à ARLES

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.