Les Suds, à Arles, un festival éco-responsable

Si l’impact économique et social d’un festival sur son territoire n’est plus à prouver, celui de son empreinte écologique doit être optimisé. La convergence des publics et artistes vers un même lieu, la consommation de milliers de festivaliers, le tri des déchets, l’usage du plastique, le choix des supports de communication sont autant de postes dont l’impact carbone peut être réduit…

SUDS, à ARLES est une association, fondée en 1996, par des passionnés des cultures méditerranéennes réunis autour de Marie José Justamond, qui la préside aujourd’hui, avec comme objet « l’affirmation de l’identité des pays de Méditerranée, et plus largement des pays du Sud, par la promotion et la diffusion de leurs cultures », inscrivant ainsi comme élément fondateur son action dans le champ du politique et dans un temps long.

SUDS, à ARLES, c’est donc la rencontre entre un territoire à l’identité forte et contrastée, fondé dans l’antiquité et ayant connu de nombreuses vagues d’immigration, et une volonté : la promotion de la diversité culturelle pour réunir toutes les composantes de la société.

SUDS, à ARLES, c’est enfin l’ambition de transmettre et de partager, des connaissances et des expériences, à travers des débats, traitant de l’actualité ou, plus globalement, de sujets en lien avec la diversité culturelle, des savoirs et des compétences, avec les stages et master classes, organisés pendant le festival, et qui réunissent plus de 450 personnes chaque année.

Un festival engagé dans une démarche éco-responsable

Si l’impact économique et social d’un festival sur son territoire n’est plus à prouver, celui de son empreinte écologique doit être chiffré et optimisé. En effet, la convergence des publics et des artistes vers un même lieu, la consommation de milliers de festivaliers, le tri des déchets, l’usage du plastique, le choix des matériaux des outils de communication sont autant de postes dont l’impact carbone peut être réduit si l’usage et la production sont optimisés. En collaboration avec de nombreux partenaires, SUDS tente de répondre chaque année davantage à cette problématique centrale, en cohérence avec son engagement pour la promotion de la diversité, son ancrage territorial, sa volonté de se faire l’écho des problématiques que la société traverse. 

Avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur dès 2010, et accompagnée depuis plusieurs années par des politiques volontaristes, SUDS a pu amorcer une véritable transition écologique qui s’est traduite concrètement par des actions telles que : le tri des déchets, l’utilisation de papier sourcé et d’encres végétales, le remplacement des toilettes chimiques par des toilettes sèches, la mise à disposition de gobelets ré-utilisables et/ou compostables, de cendriers de poches, l’utilisation de transports « doux » pour les transferts, etc. 

En 2018, cet engagement se concrétise par l’adhésion du festival au réseau COFEES, collectif des festivals éco-responsables et solidaires en Région Sud ainsi que la signature de la Charte Drastic on Plastic en 2020 ou encore la Charte régionale Zéro déchet plastique en Méditerranée et la Charte éco-citoyenne de la Ville d’Arles. 

 © © Stéphane Barbier © © Stéphane Barbier


Un événement tendance zéro plastique
 

La signature de la charte Drastic on plastic engage le festival à mettre en place un plan d’actions de réduction des déchets sur 3 ans à partir d’un diagnostic quantitatif de ses usages. Dans la lignée de sa participation en 2019 au challenge Zéro bouteille en plastique initié par Zéro waste Arles, c’est en partenariat avec Gaspajoe et la Mutuelle des Services Publics, que l’ensemble des bénévoles, techniciens et artistes invités de l’édition 2021 ont reçu une gourde saine et durable. ACCM Eaux, filiale du groupe SAUR mettait alors à disposition des fontaines à eau, permettant un usage pratique et autonome de ces gourdes, pour les équipes et le public du Théâtre Antique.

 © © Florent Gardin © © Florent Gardin

C’est ainsi près de 4000 bouteilles qui ont pu être supprimées en deux ans si l’on compare la consommation du festival en 2019 et 2021 avec celle de 2018.

Exit également les centaines de badges en plastique et tours de cou en polyester. Pour le contrôle d’accès des différents espaces du festival, ils sont remplacés en 2021 par des tours de cou en fibres de bambou et badges en plastique recyclé ou en papier.

Pour assurer la restauration de ses équipes, SUDS collabore avec les restaurants locaux qui proposent, pour partie, de la vente à emporter, encadrée en 2021 par la signature d’une charte de bonnes pratiques, visant notamment la suppression des emballages plastiques à usage unique ou leur substitution.

La monnaie d’échange mise en place dans le cadre de ce partenariat avec les restaurants se matérialise par 3000 jetons, conçus en 2021 en bioplastique fabriqué à partir de maïs.

Le catering du festival, 100% bio grâce à notre partenaire Biocoop Camargue, est intégralement équipé de vaisselle lavable les artistes invités sont sensibilisés à la démarche éco-responsable du festival.

 © © Pascale Devourdy © © Pascale Devourdy

Une communication plus responsable

La communication de l’événement, élément central de son rayonnement, se déploie sur une multitude de supports, pourvoyeurs de déchets plastiques, auxquels diverses alternatives ont été testées en 2021, par un dialogue et un échange constructif avec les fournisseurs du festival.

Les sachets plastiques individuels emballant les 500 CD, DVD promotionnels et 850 t-shirts sérigraphiés aux couleurs du festival, ont ainsi été complétement supprimés.

Kakémonos, flèches, bâches, oriflammes… Chaque année, près de 170 panneaux de signalisation et 40 panneaux d’information de différents formats sont imprimés aux couleurs de l’édition. En 2021, SUDS fait le choix de matériaux alternatifs au plastique pour la fabrication de la signalétique du festival : capotoile, dispa, eco supralon.

 © © Marion Brun © © Marion Brun
Renouvelés chaque année aux couleurs de l’édition, les supports de communication des éditions précédentes avaient été consciencieusement stockés par le festival. Avec le concours de créatrices arlésiennes, SUDS a mis en place un circuit de valorisation de ces supports obsolètes, en pièces uniques, alternatives aux habituels goodies. Karin Chiron – Trois R recycle ainsi les affiches du festival en BIS, sac en papier unique et réutilisable, et les oriflammes en sacs à dos. Dans les mains de Pascale Devourdy – Le Potager des Fées ces derniers deviennent de confortables toiles de transat, remplaçant celles que la créatrice a transformé en pochettes zippées… Tandis que les masques en tissu de récupération de Lisa Coinus – LoA LiS habillent certains des visages que vous croiserez certainement à l’accueil du festival.

 

Local, Bio et bon à la fois

L’approvisionnement des boissons se fait exclusivement en contenants réutilisables par l’intermédiaire de producteurs locaux travaillant dans le cadre d’une agriculture biologique ou raisonnée : Bière Artisanale Arlésienne, LYBR.

La restauration proposée au public est exclusivement servie dans de la vaisselle lavable ou recyclable.

Les lieux patrimoniaux occupés par le festival ont pu être équipés de poubelles de tri permettant à présent de pouvoir inciter chaque utilisateur à traiter au mieux ses déchets. Ainsi, un tri sélectif précis est réalisé en partenariat avec l’entreprise arlésienne Taco & Co qui propose la collecte des déchets triés à vélo puis leur valorisation dans des cycles de recyclage spécifique.

Conscients de l’impact écologique des gobelets en plastique, réutilisables ou non, SUDS encourage les festivaliers à se munir de leur gourde ou gobelet personnel, et ne produit pas de nouveaux gobelets aux couleurs de l’édition, pour contrer l’effet « collection » et éviter la production de nouveaux déchets.

Enfin, après avoir accepté la monnaie locale, la Roue arlésienne sur l’édition 2019 du festival, une partie du salaire des permanents est versée dans cette monnaie locale, ancrant un peu plus son soutien à l’économie et à l’emploi locaux.

 

Douce mobilité pour les festivaliers 

En 2019, plus de 10.000 festivaliers ont parcouru moins de 100 km pour venir assister aux concerts. Ils étaient aussi 50% de festivaliers à se rendre à Arles en voiture, seuls ou en couple. Pour promouvoir le covoiturage, le train et autres transports doux et collectifs auprès de ses publics, le festival s’associe en 2021 à Mobicoop et Tictac Trip.

Des vélos mutualisés sont mis à disposition des équipes pendant l’événement, et le déplacement des artistes et invités est assuré en grande partie par Taco & Co, service de transport rapide, écologique et personnalisé. Leurs vélos électriques transportent également bon nombre de festivaliers à travers la ville.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.