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Le Club de Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Édition de la mi-journée

Sondage «sécurité»: la réponse est dans la question

Le Figaro publie dans son édition du 6 août les résultats d'un sondage Ifop annonçant que «les annonces de la majorité (Roms, déchéance de nationalité, peines planchers, vidéosurveillance) sont plébiscitées». L'AFP qui a eu la primeur du sondage reprenait cette conclusion dans les mêmes termes: «les principales mesures gouvernementales pour lutter contre l'insécurité apparaissent largement plébiscitées par les Français, recueillant entre 55% et 89% d'opinions favorables selon les propositions (...). Le consensus semble transcender assez largement les tranches d'âge, appartenances sociales ou préférences politiques affichées.»

Le Figaro publie dans son édition du 6 août les résultats d'un sondage Ifop annonçant que «les annonces de la majorité (Roms, déchéance de nationalité, peines planchers, vidéosurveillance) sont plébiscitées». L'AFP qui a eu la primeur du sondage reprenait cette conclusion dans les mêmes termes: «les principales mesures gouvernementales pour lutter contre l'insécurité apparaissent largement plébiscitées par les Français, recueillant entre 55% et 89% d'opinions favorables selon les propositions (...). Le consensus semble transcender assez largement les tranches d'âge, appartenances sociales ou préférences politiques affichées.»

Cette quasi-unanimité remarquable mérite que l'on questionne le sondage. L'échantillon est correct (1003 personnes), la méthode reconnue (méthode des quotas) et le mode de recueil des réponses (questionnaire «auto-administré» en ligne), s'il évince ceux qui n'ont pas accès à Internet en été, n'est après tout pas beaucoup plus discutable que le sondage téléphonique (dont avait bénéficié le précédent sondage Ifop sur la «sécurité» pour France-Soir) qui élimine ceux qui ne disposent plus d'une ligne fixe.

Reste la question posée: «Vous savez que le gouvernement a annoncé différentes mesures pour lutter contre l'insécurité. Pour chacune de ces mesures, vous me direz si vous y êtes très favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou très opposé?» Suit la liste des annonces récentes du président de la République ou de la majorité. Sans que soit jamais questionné l'hypothèse de départ, à savoir que le retrait de la nationalité française ou l'emprisonnement des parents de mineurs délinquants luttaient effectivement contre la déliquance, ou pis, contre l'insécurité, comme perception de cette délinquance ou de simples comportements incivils (le sondage pour France-Soir faisait, lui, la distinction en posant une question sur la délinquance, puis sur la perception de la sécurité). Ou si ces annonces seront jamais applicables ou appliquées.

On n'y teste également que certaines propositions, comme «le démantèlement des camps illégaux de Roms» sans jamais se demander si les communes respectaient, elles aussi, leurs obligations légales en matière d'accueil de gens du voyage. Ou encore, on amalgame dans une même catégorie «les ressortissants d'origine étrangère (!) coupables de polygamie» ou «d'incitation à l'excision».

L'article qui accompagne ces résultats cite Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, «qui voit dans cette enquête la confirmation de ce qu'il pressentait»: «L'affaire Bettencourt a occupé une place très importante dans les médias, mais l'opinion, elle, a davantage été marquée par les violences des dernières semaines.» Dans une note de juillet, il expliquait déjà, sans le chiffrer vraiment, que «l’affaire Bettencourt-Woerth n’a pas eu le même écho dans le pays réel que dans la sphère médiatique. (...) A l’occasion de ces différents événements une grille de lecture s’est mise en place dans l’opinion. Son interprétation est alors la suivante : une partie du personnel politique entretient des relations troubles avec l’argent, d’où le fait que de telles affaires sortent périodiquement. Aux yeux des Français, il est alors d’usage et attendu que le camp adverse en profite pour tenter d’affaiblir le parti concerné et que les médias s’en emparent et poussent les feux pour engranger de l’audimat et des lecteurs alors même que la justice ne s’est pas prononcée.»

Le Figaro poursuit la citation de l'analyse de Jérôme Fourquet: «le président dispose “encore d'une marge de manœuvre” pour durcir son discours, tant les résultats du sondage sont “en rupture avec les idées jusqu'il y a peu dominantes dans l'opinion ”». Et l'article conclut, en écho à 2002, lorsque les socialistes redoutaient plus que tout d'être taxés d'«angélisme» sur ces questions, que le candidat Jospin s'accusait de «naïveté» pour justifier le fait de suivre le candidat Chirac dans sa surenchère sécuritaire avant de se laisse imposer un second tour inédit Chirac-Le Pen: «Les dirigeants socialistes, dépassés par leurs troupes, n'ont toujours pas fait leur révolution culturelle, huit ans après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle.»

La ligne de rentrée du gouvernement est en tout cas toute tracée.

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Tous les commentaires

Tout à fait d'accord avec Danielle, commentaire du 16/0810.

NS et son ministre de l'Intérieur sont vraiment dangereux (et le mot est faible......)avec leurs nouvelles lois liberticides, portant atteinte à la date de prolongation du départ à la Retraite, expulsant, pendant l'été les Roms, France Pays des Droits de l'Homme, c'est une Honte, qui rappelle une sombre histoire vécue par nos parents ou nos grands parents.

J'ai aussi bien peur que nos concitoyens votent pour NS en 2012

Je suis peut-être hors sujet, veuillez m'en excuser.

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