Alain Juppé souhaite une bonne année 2010 à tout le monde mais pas à Nicolas Sarkozy

En l'espace d'une semaine, Alain Juppé, maire de Bordeaux (Gironde), a présenté ses vœux à trois reprises. A chaque fois, il en a profité pour égratigner un peu plus le président de la République.

En l'espace d'une semaine, Alain Juppé, maire de Bordeaux (Gironde), a présenté ses vœux à trois reprises. A chaque fois, il en a profité pour égratigner un peu plus le président de la République.

Dès son adresse aux Bordelais, le soir du réveillon, Alain Juppé, qui fut brièvement ministre l'écologie, du développement et de l'aménagement durable, est revenu à la charge sur l'échec de Copenhague, sans jamais y faire allusion directe mais en martelant son credo comme une critique en creux de l'échec d'un sommet où Nicolas Sarkozy entendait forcer la décision.

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Le 5 janvier, l'ancien premier ministre s'est fendu, sur son blog, d'une petite leçon de fiscalité citoyenne à destination du chef de l'Etat. «Je souhaite du travail à tous ceux qui en cherchent, a-t-il déclaré. Car le travail libère et anoblit. Mais le bon travail: le travail stable, reconnu et considéré, quelle que soit la nature des tâches, le travail justement rémunéré (...) Tout mérite vaut reconnaisance. Mais rien ne justifie la distance sidérale que nous avons laissé se créer entre les plus bas salaires et les rémunérations extravagantes qui dépassent les bornes de la décence. Les Etats disposent de l’arme absolue pour rétablir de la mesure: l’arme fiscale.»

Les services de l'Elysée et les conseillers du président auront apprécié la condamnation du maintien bouclier fiscal en temps de crise tout comme ils auront adoré le couplet social sur l'inefficacité des mesures gouvernementales en matière de chômage. Et tout cela à l'entame d'une année qui devrait voir un million de Français atteindre la fin de leurs droits.

Deux jours plus tard, alors qu'il présentait ses vœux à la presse, Alain Juppé a évoqué le débat sur l'identité nationale, répétant qu'il n'en percevait pas «l'absolue nécessité». «Si, en tout cas, on ne le stoppe pas, il faut le recadrer pour éviter les dérapages», a-t-il estimé avant de préciser: «La devise “Liberté, Egalité, Fraternité” existe, tout est dit.»

«Je ne sais pas si je participerais (au débat), je n'ai pas reçu d'invitation. J'ai émis des réserves sur cette démarche», a-t-il conclu. Réponse définitive le 18 janvier, date retenue par le préfet de la Gironde pour l'organisation de ce débat à Bordeaux (salle de l'Athénée), le dernier du genre dans le département après cinq séances (Arcachon, Libourne, Blaye, Lesparre-Médoc, Langon).

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