A l'Assemblée, Aubry persona non grata

Pour Martine Aubry, c'est dur, décidément, de ne pas être parlementaire. Non seulement, depuis sa désignation à la tête du PS, la maire de Lille souffre de ne pouvoir grimper à la tribune de l'Assemblée, mais en plus, mardi 17 mars, la "visiteuse" occasionnelle du Palais-Bourbon s'est fait "interpeller" par un huissier alors qu'elle entrait salle "des pas perdus".

Pour Martine Aubry, c'est dur, décidément, de ne pas être parlementaire. Non seulement, depuis sa désignation à la tête du PS, la maire de Lille souffre de ne pouvoir grimper à la tribune de l'Assemblée, mais en plus, mardi 17 mars, la "visiteuse" occasionnelle du Palais-Bourbon s'est fait "interpeller" par un huissier alors qu'elle entrait salle "des pas perdus".

La première secrétaire devait participer au "direct" d'un journal télé, dont les caméras étaient plantées là, dans cette pièce contiguë à l'hémicycle.

 

La salle des pas perdus, collée à l'hémicycle, où s'installent les équipes télé

 

Un appariteur, un brin gêné, s'est chargé de lui rappeler le règlement intérieur du Palais-Bourbon: les non-députés, s'ils ne sont pas dûment badgés, n'ont aucun droit d'y traîner! Martine Aubry, qui remontait tout juste de la réunion hebdomadaire du groupe socialiste organisée dans les sous-sols de l'Assemblée, où les règles de circulation sont allégées, n'avait aucune autorisation spécifique à présenter...

 

Quelques minutes après, un collaborateur du groupe PS a donc dû interroger, de manière informelle, les services de la présidence pour savoir s'il serait possible de délivrer un "passe" permanent à la Première secrétaire. La requête suit son cours, mais Bernard Accoyer, le patron du Palais-Bourbon, pourrait hésiter à l'accorder, de peur que ce genre de demandes se multiplient et que les non-parlementaires envahissent les abords de l'hémicycle -"spot" réputé parmi les politiques pour ses grappes de journalistes toujours avides de petites phrases...

 

La maire de Lille doit ainsi enrager – elle qui aurait tant aimé, en juin 2007, se présenter aux élections législatives... À l'époque, c'est François Hollande qui lui avait mis des batons dans les roues: le prédécesseur de Martine Aubry avait en effet refusé de lui "accorder" la deuxième circonscription du Nord, préférant investir un autre candidat, élu finalement avec 59% des voix...

 

 

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