Pôle emploi: M. Bassères, expliquez-vous!

"Bug" du mois d'août : lettre ouverte au DG de Pôle Emploi

Dans une lettre adressée le 1er octobre au directeur général de Pôle Emploi, Monsieur Bassères, le Mouvement National des Chômeurs et Précaires exprime sa colère et son incompréhension après la «disparition » par cessation d’inscription d’un nombre important de chômeurs au mois d’août 2013. L’organisation de chômeurs demande des explications claires et précises,  mais également des engagements pour que de tels erreurs ne se reproduisent plus : respect des procédures réglementaires, dématérialisation… Les chômeurs ne doivent pas pâtir des dysfonctionnements de Pôle Emploi.
 
Monsieur le directeur général,
 
La publication du nombre des demandeurs d’emplois inscrits à Pôle Emploi au mois d’août 2013  a suscité de nombreuses interrogations. L’incrédulité et la surprise ont vite laisssé place au doute : la réalité de terrain que nous vivons, nous, associations de chômeurs, semblait diamétralement opposée aux déclarations avalisant la « baisse du chômage » tant attendue. Nous nous tournons aujourd’hui vers vous afin que toutes les incertitudes soient levées, pour tous les demandeurs d’emploi sortis des statistiques, et que toutes les précautions soient prises  pour qu’une telle erreur, qui peut avoir des conséquences catastrophiques pour des milliers de personnes et leurs familles, ne se reproduise plus.
 
 L’augmentation brutale des cessations d’inscription pour « défaut d’actualisation » au mois d’août n’a, à l’heure actuelle, pas été éclaircie. Le « bug » de votre sous-traitant  SFR ne concerne qu’environ 20 000 personnes, sur les 77 000 personnes supplémentaires qui ont disparu des listes en août. Nous ne pouvons nous satisfaire  de cette explication.
 
En tant qu’organisation de chômeurs et précaires, nous exprimons notre vive inquiétude quant au sort de chacune des  77 000 personnes disparues des listes en août, mais aussi de celles qui chaque mois disparaissent des listes de Pôle Emploi sans que l’on n’en connaisse précisément la raison, ni qu’on en recherche les causes, de façon à améliorer qualitativement et quantitativement le service public rendu aux demandeurs d’emploi.
 
Ne pouvant imaginer que votre institution ne dispose pas de données plus précises, ni des moyens financiers et humains pour les traiter, nous demandons rapidement des éclaircissements :
 
    Sur les causes de cette augmentation brutale des cessations d’inscription qui ne peut s’expliquer uniquement par le non-envoi de plusieurs milliers de SMS
    Sur le respect de la procédure : les cessations d’inscription ont-elles bien toutes été précédées de l’envoi d’un courrier en RAR d’ « avertissement avant cessation d’inscription » et suivies d’un courrier de « décision de cessation d’inscription » ?
    Sur le versement des allocations aux personnes malencontreusement désinscrites. Ont-elles toutes été réinscrites immédiatement et sans condition conformément à votre engagement ? Si elles percevaient l’ARE, ont-elles pu recevoir leur versement ? Comment comptez-vous identifier les personnes désinscrites pour cause de non-envoi de sms des personnes désinscrites pour d’autres raisons ? Seront-elles toutes informées de la même manière ? Verront-elles toutes leurs droits rétablis ?
    Sur la  situation des personnes désinscrites : combien d’entre elles ont retrouvé un emploi ? Combien d’entre elles sont encore au chômage mais en fin de droits ?  Combien d’entre elles ont simplement et malheureusement été découragées par les dysfonctionnements de Pôle Emploi et n’ont pas souhaité poursuivre leur accompagnement ?

Nous demandons des engagements forts de votre part pour le service public de l’emploi :   pouvez-vous nous garantir que la dématérialisation - dont ce dernier événement prouve une fois de plus  les écueils, ne sera pas menée au détriment des demandeurs d’emplois, victimes des aléas de l’informatique ou de la téléphonie ?
 
Ne doutant pas de votre attachement à l’amélioration de la situation des demandeurs d’emplois,  et dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le directeur général, l’expression de nos salutations distinguées.
 
Jacques-Henri Vandaele
Président du Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP)

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