Boddisatva, l'insolence critique

Vous avez aimé détester Boddisatva ? Vous allez adorer le haïr ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'ancien abonné Boddisatva, aujourd'hui profil_inactif_28112, voici, de sa propre main et en exclusivité, ses confidences à propos de Mediapart. On comprendra aisément que cet esprit critique exacerbé, abonné de la première heure à Mediapart, ait préféré prendre la tangente.

Vous avez aimé détester Boddisatva ? Vous allez adorer le haïr ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'ancien abonné Boddisatva, aujourd'hui profil_inactif_28112, voici, de sa propre main et en exclusivité, ses confidences à propos de Mediapart. On comprendra aisément que cet esprit critique exacerbé, abonné de la première heure à Mediapart, ait préféré prendre la tangente. Je ne partage pas toujours ses prises de position mais je suis toujours intéressée par la critique. C'est elle qui nous aide à trouver l'équilibre.

Voici donc ce qu'il m'a confié, de sa propre initiative, aux fins de partage sur l'édition Portraits croisés.

 

Lecteur fidèle du club, et jusqu'à peu embourbé dans des démarches pour faire disparaître mes données personnelles du site (je n'ai que partiellement réussi mais j'ai décidé pour le surplus de laisser tomber), l'appel de Géraldine Delacroix à ce que les plus anciens abonnés témoignent n'a pu que m'amuser, tant la parole est de principe muselée sur "Mediapart".

Je vais donc expliquer pourquoi je ne suis plus abonné, et pourquoi je recommande la plus grande méfiance à ceux qui voudraient s'abonner, sauf à ce que l'option paiement par Paypal (qui permet d'annuler immédiatement un abonnement) soit réinstituée (ou l'option qui permettait le désabonnement en ligne, mais ne rêvons pas...).

En préalable les quelques choses positives que j'ai trouvées sur "Mediapart" et qui ont justifié mon abonnement de 2008 à 2013 (avec interruption anticipée quand Géraldine Delacroix a expliqué qu'il ne pouvait y avoir de violation de la vie privée d'abonnés puisque leur identité n'est pas contrôlée) :

 - un ou deux articles intéressants par an : notamment la situation sociale actuelle avait été largement anticipée par "Mediapart" il y a deux ou trois ans, le reste de la presse restant taiseuse sur le sujet. Aussi le sujet sur le truquage par la police sarkozyste du nombre de manifestants pour faire croire que la gauche peut encore mobiliser.

 - le club, qui n'est pas seulement utilisé par les refusés partout ailleurs comme un Corcuff, mais peut être un vrai tremplin vers l'écriture dans des medias plus sérieux (au moins une dizaine d'abonnés en profitent ou en ont profité), sans parler des "résidents habitués" dont je faisais partie et dont l'interactivité tranche avec la nullité relative globale du journal, où l'interactivité consiste à corriger les fautes d'orthographe ou de raisonnement des journalistes.

 - de bonnes surprises isolées, comme un billet à l'occasion de la mort de Tony Duvert.

 - un véritable refuge pour personnes âgées. A cet égard je n'exclue pas de me réabonner dans une trentaine d'années. L'inconvénient est que plus encore que les jeunes ils sont là pour se faire conforter dans leurs idées et non pour être informés. L'invocation permanente de TF1, l'autre organe destiné à occuper le cerveau quand on a les yeux trop fatigués d'être restés trop longtemps devant son ordinateur, me semble en être une bonne indication.

 - des interlocuteurs de valeur, comme Arpège, Joël Martin, Jean-Paul Yves Le Goff et des dizaines d'autres.

Pour le négatif :

"Mediapart" n'est pas un journal mais un produit marketing internet :

 - articles souvent légèrement modifiés des années après pour faire croire à Google qu'il y a du nouveau (les geeks pourront dire si c'est ce qu'on appelle du "black hat")

 - techniques agressives de vente pour récupérer des numéros de carte bancaire ou des coordonnées bancaires en espérant que la dépense sera "oubliée" ou l'abonné trop paresseux pour résilier par rapport à l'ancienne solution de la résiliation en ligne

 - dérives d'extrême droite racistes ou antisémites encouragées car c'est ce que les abonnés demandent (malheureusement une tendance générale du web monétisé français)...comme ça va contre le reste d'idées de gauche des fondateurs il est clair que seul le pognon explique cette dérive

 - embauche pour gérer le marketing d'une ancienne de Meetic et Priceminister

 - pas de protection de la vie privée : fichiers clients (largement bidons au passage car constitués de pseudos, n'importe quel "bienfaiteur" peut ainsi artificiellement gonfler le nombre d'abonnés) en accès libre jusqu'à ce que je le signale au regretté Vincent Truffy vers janvier 2012; affaire Dominique W - pas de formation des journalistes et autres personnels à la discrétion professionnelle, pas d'examen psychiatrique avant de leur confier des données sensibles sur les abonnés. 

 - un processeur carte bancaire installé en Belgique dont l'adresse email pour demander le contrôle ou la suppression des données privées ne fonctionne pas

 - Le mépris n'est pas réservé aux abonnés : voir la publication non anonymisée d'une liste d'Arabes pauvres soupçonnés d'être des "terroristes"...plus de dix ans après l'établissement de ladite liste et alors qu'aucune des personnes présentes sur la liste n'a fait l'objet de poursuites judiciaires.

 - de l'affiliation pour amazon.fr et un pseudo groupement douteux de libraires en omettant de signaler que "Mediapart" ne fait pas ça pour la diffusion de la culture mais pour récupérer des commissions

 - un refus d'appliquer la loi de 1881 et l'embauche comme chef censeure d'une rédactrice manifestement incapable de la comprendre par elle-même et à qui on n'a pas imposé de formation

 - l'absence de syndicats de salariés : seul le patronat est représenté syndicalement à "Mediapart", dans un combat pour plus de niches fiscales, une TVA plus basse, et la suppression des aides publiques au concurrent (comme c'est trotskyste). On ne me fera pas croire que ça n'a pas d'incidences sur le contenu des articles, surtout quand on voit le turn-over des journalistes.

Bref, un torchon malsain qui vit de scandales et méprise ses clients ("ne jamais dire aux gens qu'ils sont cons mais toujours se le rappeler" (Beigbeider "99 francs"), et dont d'ailleurs la plupart des hauts faits d'arme sont trouvables en accès gratuit sur le net (dès qu'il y a un sujet ultra-hot, qui sera de toute façon recopié par les confrères dans les 4 heures, des liens vers un accès gratuit est diffusé sur Twitter).

Au total l'option du désabonnement me convient bien, mais je serais d'accord pour revenir comme abonné gracieux. Ethiquement je ne peux pas contribuer au financement de ce truc, désolé. Par ailleurs le temps gagné à ne plus squatter sur "Mediapart" me permet d'être mieux informé puisque je dispose de plus de temps pour lire des journaux ou blogs sérieux.

Boddisatva

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.