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PS: Bon gré, congrès

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Billet de blog 15 oct. 2008

Paul Alliès
Professeur Emérite à l'Université de Montpellier. Doyen honoraire de la Faculté de Droit. Président de la Convention pour la 6° République (C6R).
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« Changer à gauche pour changer la France», version Hérault.

C'est le titre de la motion dont la première signataire est Martine Aubry. On trouvera ci-dessous le résumé qu'en ont fait les signataires de la Fédération de l'Hérault du PS et qui sera diffusée ce mercredi soir pour l'assemblée générale des motions à Montpellier.

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C'est le titre de la motion dont la première signataire est Martine Aubry. On trouvera ci-dessous le résumé qu'en ont fait les signataires de la Fédération de l'Hérault du PS et qui sera diffusée ce mercredi soir pour l'assemblée générale des motions à Montpellier. Il sera envoyé cette semaine aux secrétaire de section de ce département.

" Sans doute les différences entre motions apparaissent peu claires aux militants. C’est donc sur la démarche et la méthode que nous voulons mettre l’accent.

1 – Réformer le parti pour réformer la France.

Depuis les funestes présidentielles de 2002, le parti, non seulement n’a pas analysé les raisons de l’échec, mais s’en est accommodé. Il a notamment fait comme si l’élection présidentielle était l’horizon exclusif de son fonctionnement politique après avoir pris la responsabilité de présidentialiser un peu plus la V° République (Quinquennat, inversion du calendrier). Et aujourd’hui encore il fait comme si son congrès pouvait être celui d’une simple étape vers la désignation d’un candidat à l’élection de 2012. Nous pensons donc qu’il faut déprésidentialiser le parti comme le régime. Nous devons marquer notre attachement à la délibération parlementaire, rompre avec le bonapartisme de la V° République qui fait de la France un pays exotique en Europe. Nous devons nous-mêmes renouer avec ce parlementarisme de telle sorte que nos instances (conseil national, bureau national) fonctionnent réellement ; avec les Conventions thématiques, scandaleusement abandonnées. Pour cela, point n’est besoin d’une énième synthèse qui dissoudrait les responsabilités dans l’unanimité comme au Congrès du Mans. Il nous faut une majorité claire càd un socle politique formé avec tous ceux qui veulent transformer ce parti à partir de leurs expériences et en fonction de leur projet de société. Nous devons donc dépasser les clivages accumulés au cours des dernières années, sur l’Europe, sur le choix entre réforme et radicalité, sur les alliances. Rassemblons ceux qui veulent changer le parti et non pas changer de parti en le contournant avec le concours de la société médiatique. Cela passe par un retour à la politique et à la démocratie dans le parti, en particulier dans les Fédérations devenues trop souvent des appareils bureaucratiques hostiles à un parti de militants capable de gagner élections locales comme nationales.

2 - Lancer un grand projet de transformation sociale et politique.

N’ayons pas peur de l’idéologie ; posons les questions du siècle et de la période que nous traversons : à quoi doit servir la richesse des nations ? à améliorer le sort des peuples ou à enrichir des oligarchies ? Au cours des 20 dernières années, la part du revenu qui revient aux salariés a baissé de 10% en Europe ; c’est le plus bas niveau depuis 1929. Restaurer le pouvoir d’achat des petits salaires, revenir à l’emploi durable et à la valorisation du travail, exige un retour à la volonté politique, à l’action de l’Etat, à l’investissement public, à la promotion des services publics de la santé, de l’enseignement, de l’énergie et de l’éducation. Cela passe par de nouveaux rapports de force entre le capital et le travail en France comme dans l’Union Européenne. Et nous devons nous atteler à la refondation de toute la social-démocratie européenne, partout en crise. C’en est fini de l’accompagnement social du libéralisme. Le socialisme se refondera autour des valeurs communes aux citoyens européens : l’égalité, la solidarité, la lutte contre les injustices et pour l’émancipation de la personne humaine. Il faut donc faire de l’Europe une puissance, si besoin est à géométrie variable mais qui serve de référence aux peuples du sud. Bref il faut reprendre l’Europe politique là où François Mitterrand et Jacques Delors l’ont laissée.

Cette démarche et cette méthode nous les avons pratiquées à notre niveau : notre motion témoigne déjà d’une reconstruction possible du parti avec des cultures et des personnes qui avaient perdu l’habitude de travailler ensemble. Dans ce processus Martine AUBRY a un rôle fédérateur. Elle incarne ce qui s’est fait de mieux dans le gouvernement Jospin : les 35H (dont 86% des salariés qui en ont bénéficié se déclarent aujourd‘hui satisfaits), la CMU, les emploi-jeunes, l’équilibre de la Sécurité Sociale grâce à une création d’emploi sans précédent.

Voter pour sa motion, c’est voter pour changer sans surenchère : être la gauche du parti c’est bien ; mettre le parti à gauche c’est mieux. C’est ce que nous voulons faire."

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