Billet de blog 22 nov. 2008

Pourquoi l'on doit revoter au PS

Cher-e-s camarades, Est-il encore utile de préciser à quel point Martine Aubry et Benoît Hamon sont les symboles pour nous d’un espoir retrouvé en un Parti socialiste ancré à gauche et à nouveau audible comme vrai parti d’opposition ?

David Dahomay
Cadre territorial en Guadeloupe
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Cher-e-s camarades, Est-il encore utile de préciser à quel point Martine Aubry et Benoît Hamon sont les symboles pour nous d’un espoir retrouvé en un Parti socialiste ancré à gauche et à nouveau audible comme vrai parti d’opposition ? Nous avons tous souhaité le soir du 21 novembre la victoire de Martine Aubry. Mais nous espérions une victoire éclatante, ou du moins suffisamment significative pour garantir ensuite la légitimité des choix opérés au sein du PS. Et malheureusement, le pire des scénarios s’est produit hier soir : le 50/50, à quelques dizaines de voix près ! Conséquemment à un tel résultat, c’est sans conteste l’une des plus graves crises que traverse le PS. La crise n’eut pas été du même ordre si l’une des deux candidates l’avait emporté haut la main.Maintenant, je crois que nous – le courant Hamon-Aubry – devons décider en conscience et avec sagesse : Deux scénarios doivent être envisagés : 1. Le Conseil national de mardi, après examen des litiges et contestations, et après le décompte des voix, donne une large victoire à Martine Aubry (au moins 51%, voire 52%), et cette victoire, quoi qu’en diront les « ségolénistes », apparaîtra aux yeux des militants et de l’opinion comme légitime.2. Mardi, le pire se confirme : difficile de départager les candidates, à quelques dizaines de voix près. Alors, si cela se produit, il faudra, et je le crois foncièrement, proposer – même si cette proposition vient d’abord du camp « ségoléniste » – de procéder à un nouveau vote, quoi que cela nous en coûte par la suite, y compris la victoire de Ségolène Royal. Mais pourquoi prendrions-nous un tel risque me rétorquerez-vous ? Allons camarades, ne voyez-vous pas dans quelle crise identitaire et idéologique majeure se trouve plongée la gauche française ? Aussi, retrouver une gauche forte au sein du PS, suppose une légitimité forte du courant qui gouvernera le PS. Or, en maintenant les choses en l’état, nous risquons tout simplement d’aggraver encore la crise au sein du parti : les partisans de Ségolène Royal ne nous lâcheront pas, ils utiliseront tous les stratagèmes possibles – et même ceux peu recommandables –, tous les coups bas, toutes les invectives publiques, pour contester notre légitimité ! Et ce parti risque fortement de devenir tout simplement ingouvernable ! Nicolas Sarkozy ne pourrait rêver pareil scénario !

Camarades, je vous le dis en conscience, il va falloir certainement proposer mardi de procéder à un nouveau vote. Et puis, ne soyons pas inquiets, au vu du score du premier tour, Martine Aubry, qui a su créer une vraie dynamique militante au PS, a toutes les chances de l’emporter dignement. Beaucoup de militants qui n’avaient pas voté vendredi, seront stimulés par ce nouveau vote, et j’ai la faiblesse de penser que le cœur de ces militants penche vraiment à gauche. Enfin, si Ségolène Royal doit finalement l’emporter, eh bien nous prendrons nos responsabilités : ceux qui pensent pouvoir convaincre de l’intérieur resteront, et ceux qui pensent que l’urgence nécessite de créer un nouveau parti s’en iront. Et un tel raisonnement devrait aussi valoir pour les « ségolénistes ».

Mes amitiés socialistes.

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