L'injustice du licenciement de Madame Gueffar: une plaie brûlante

Thomas Portes, membre du PCF47, secrétaire départemental des jeunes communistes du 47, membre du conseil national des jeunes Communistes et de la CGT-CHEMINOT dénonce « le licenciement injuste d'une femme de ménage de la société ONET symbolisant les dérives de la sous-traitance et de le société capitaliste ».

17 décembre le couperet tombe. Licenciement pour faute grave et manquement aux règles de sécurité.  Commence alors la descente aux enfers.

La violence de la décision est puissante. Comme une déflagration sourde qui nous ramène à la réalité concrète du quotidien de millions de personnes. D'un trait de plume on bascule dans l'abîme d'un avenir incertain. Chômage et précarité : deux mots que le système nous renvoie au visage. Comme pour bien nous rappeler ce que nous sommes... Des esclaves au service exclusif du libre échange. Insupportable violence car ici comme pour Air France, Goodyear et tant d'autres, il s'agit bien de violence... Mais d'une violence de classe. Une violence économique et sociale. Pourtant personne n'en parle. Ou si peu.

Avec cette décision, on touche du doigt une réalité concrète de notre société. Des destins humains brisés, des vies sacrifiées au nom du dogme libéral. Dans cette société malade, où 62 personnes possèdent autant que 3,5 milliards d'individus, nous ne sommes que des pions disposant de peu de liberté et aliénés au travail. La lutte des classes au sens de Karl Marx est bien vivante. Plus forte que jamais peut être. Car aujourd'hui la classe oppressée est, malgré la perfidie de la division, encore et toujours la plus nombreuse. Encore faudrait-il qu'elle prenne conscience des intérêts qui sont les siens.

Mais comment ne pas être révolté devant le cas de cette femme, salariée depuis 15 ans, avec des états de services remarquables qui se retrouve du jour au lendemain jetée à la porte ? Sacrifiée sur l'autel de la rentabilité. Pour quel motif ? Avoir traversé les voies ...

Si cette histoire réveille en moi une envie inexorable de me battre c'est aussi qu'elle met en lumière les dérives dans lesquelles s’enfonce la SNCF, comme tout le service public.

La sous-traitance est un poison nocif distillé avec violence par les grandes entreprises publiques depuis plusieurs années. Tel un virus formaté par les grands lobbyings financiers, il se propage partout et frappe comme une gangrène. Passant sans aucun problème, dans le cas de la SNCF, du nettoyage, à l'entretien des voies voir même à la réparation de certaines installations électriques.

Mais pas que, elle, cette histoire, symbolise aussi les maux d’une société devenue folle. Société ou les courbes des agences de notations prédominent sur le bien être de la population comme de l’environnement.

Un impératif : sortir de ces logiques mortifères, sortir de cette gestion par le capital financier qui entre en opposition frontale avec les intérêts du prolétariat et redonner du sens à la vie autrement que par notre valeur marchande et productive.

Ces nouvelles formes d’organisations du travail par le capital tendent à aliéner le travailleur par deux manières.  A la fois par sa force de travail, en tant que créateur de richesse, et en même temps en l’enfermant dans une consommation de masse qui ne répond en rien à ses besoins.

L’objectif : regagner notre liberté. Individuellement mais aussi collectivement. Repenser le mode et briser les chaînes des exploitants.

Il faut sortir de ce libéralisme générateur de pauvreté, de précarité, source d’injustice et d’humiliation et créateur de guerres.

Pour Rajae, pour les Goodyear, pour toutes les femmes et les hommes qui subissent le joug d’un capitalisme toujours plus inhumain.

Nous le devons !

 

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