Le vent du sud doit se lever et souffler sur l'Europe.

2015... année grecque.

2015... année grecque.

 

 

Avez-vous lu Gramsci ?

Sous la signature de Marc Tertre, un court extrait du génial italien vient de nous être proposé fort à propos en ce 31 décembre dernier, alors que simultanément et comme par un espiègle pied de nez, 2014 se terminait avec la promesse d'élections législatives anticipées possiblement prometteuses au pays d'Athène pour ouvrir 2015.
Alors, n'en déplaise à Antonio, soyons pragmatiques et pour une fois ne négligeons pas ce symbolique changement d'année.

Les publications d'articles et de billets ont été nombreuses pour nous dire toute l'attention que méritait de notre part la conjoncture grecque.
Petite sélection perso à compléter par vos soins et à votre guise, mais que je me permets de vous recommander :

 


Et c'est pourquoi, j'ai retenu l'édition "Que vive la Grèce !" pour publier en miroir de mon blog personnel ce billet et l'ouvir aux commentaires.

Je voudrais y argumenter la nécessité d'une mobilisation solidaire, ici en France (et partout ailleurs en Europe) dès avant le 25 janvier (date du scrutin anticipé en Grèce) et le plus tôt possile... il ne reste que 3 semaines !

L'argumenter d'un double point de vue.
D'abord, du point de vue du rapport de force défavorable auquel sont contraints nos frères grecs et en quoi consiste leurs prochaines élections.

Il ne faut me semble-t-il pas oublier que la Grèce ne pèse qu'environ 2% du PIB de l'Union Européenne.
Le PIB !... me direz-vous... mais qu'est-ce qu'on en a à faire !!!?
Sur le "fond", pas grand chose en effet.
Mais au regard de ceux qui dirigent actuellement nos affaires à notre place et qui oppriment le peuple grec, il représente beaucoup, presque tout. Il est l'un de leurs maîtres mots à penser. C'est pourquoi il faut nous en saisir.

2%... pensez donc... une pécadille !
Et pourquoi donc s'en faire ?
Ils ne veulent pas se soumettre ?...
Qu'à cela ne tienne, excluons les !

Et nos gouvernants en choeur de venir nous expliquer qu'ils feront tout, au cas où nos "petites" banques de dépôt seraient trop exposées à la dette grecque, pour garantir, mobilisation de la BCE aidant, nos petites économies d'honorables européens besogneux dans l'hypothèse où ces faignants et voyous de grecs s'amuseraient à "faire défaut".
"Foutons les dehors, et qu'ils se démerdent !
Nous garantiront vos avoirs."

C'est une hypothèse.
Quoiqu'ait pu en dire, ou qu'il en pense encore Jacques Sapir, il y a fort à penser que ce serait en fait la pire pour les grecs, immédiatement obligés de se confronter, dans une économie qu'on le veuille ou non mondialisée, à une monnaie nationale de singe les renvoyant illico dans une sorte de "quart monde" sans autre issue à court terme que la poursuite de leur dégringolade en enfer. Sans qu'ils aient pour autant réglé leurs vrais problèmes structurels dont en particulier celui de la collecte de l'impôt auprès de ceux qui devraient en payer le plus. Et il y a fort à parier que dans un contexte aussi dégradé, ce ne sera plus vers Syriza que les grecs se tourneront alors, mais plutôt vers Aube dorée ou quelque succédané moins scandaleux... l'enfer, pour une... deux générations ou peut être plus.

Mais ce n'est pas tout, et j'en viens à mon deuxième point de vue argumentaire.

Derrière la Grèce se profile l'Italie. (Et je recommande justement l'écoute de Jacques Sapir dans ce face à face du 9 décembre dernier mis en scène par BFM TV [à partir de 4 minutes 25]).
Et l'on sait, si l'on a pris la peine d'aller consulter l'exposition des banques françaises à la dette italienne d'une part, et de comparer d'autre part le montant de la dette italienne avec celui de la dette grecque, que ce ne sera pas la même "musique", du tout.
Alors certes, le sort des "petits modestes épargnants français" peut et, dans la plupart des cas, doit nous émouvoir, mais plus que leur épargne c'est leur moral qui est en jeu et là... ce n'est plus une question de musique... ou alors une drôle de musique... du style qui vous fait marcher au pas. Car il n'y a pas en douter, que l'on soit grec ou français, l'enfer, c'est toujours dans la même direction, que savent fort bien indiquer aux nations déboussolées et appeurées leurs meilleurs tyrans des lendemains qui déchantent.

Dans les semaines et les mois à venir c'est donc probablement sur une corde bien raide et bien fine qu'il va falloir cheminer pour éviter d'un côté comme de l'autre de tomber dans l'abîme.
Car que les grecs votent ou non pour Syriza le 25 janvier, nous nous dirigeons tous collectivement, grecs, français, espagnols, portugais ou italiens... et il ne faut pas croire que les pauvres anglais ou les pauvres allemands seront mieux lotis (et que dire de ceux de l'EST), nous nous dirigeons tous si nous n'y prenons garde dès aujourd'hui vers des lendemains où il fera bon d'aller vivre ailleurs.
Il faut donc prendre garde et vite.

Il faut saisir cette opportunité du courage de ceux qui parmi les grecs ont décidé d'empoigner cet outil qu'est Syriza pour se dire à eux-mêmes et nous dire : SOLIDARITE.
Pour se donner encore plus de courage et pour nous donner du courage.
Il faut sans attendre les soutenir, le plus tôt possible pour qu'ils soient les plus nombreux possible le 25.
Il faut surtout, sans attendre les soutenir, pour qu'en les soutenant nous soyons de plus en plus nombreux à prendre conscience de notre conscience politique et citoyenne européenne.


Pourqu'en les soutenant nous soyons capables de faire naître l'alternative de l'Europe que nous voulons.

Je ne sais pas comment nous pourrons faire.

Nous pouvons descendre dans la rue, bien sûr.
Mais il ne faut pas attendre le 25 janvier.

 

Il sera trop tard, nous ne pourrons que constater... et écouter les sempiternelles bêtises des commentateurs patentés venant nous vendre l'art de se coucher.

La pédagogie a besoin de mouvement, de dynamique.
Et la dynamique en ce moment c'est celle de la campagne électorale grecque, qui pour être forte a besoin de se sentir épaulée et sur laquelle en retour doit s'appuyer un mouvement européen... un vent du sud.

Nous pouvons peut-être mettre des drapeaux grecs à nos fenêtres et sur nos voitures.

Nous pouvons peut-être intervenir auprès de nos associations, de nos partis politiques et de nos syndicats.

 

Nous pouvons sans doute descendre dans la rue, sans service d'ordre ni autorisation, et sans attendre qu'il soit trop tard, pacifiquement et sur les voies piétonnes, simplement pour arborer les couleurs grecques et faire signe.

Nous pouvons faire tout ce que vous voulez... mais il faut le faire.

Vite !


NB.
Et au passage nous ferons un sort au "devoir d'ingérance", ce principe faux cul si fièrement porté en bandoulière par nos "french doctors" et qui subrepticement venait en fait, sous l'habit du "devoir" bien catho bien jésuite, pleurer sur ces pauvres nègres pour mieux ruiner en loucedé le devoir de solidarité internationale et achever, si possible définitivement le vieux rêve révolutionnaire de la "conscience de classe", en larmoyant au nom de la prétendue conscience "nationale"... de soi-même.
Et ceux qui m'ont fait le plaisir de venir dernièrement discuter, voire même batailler, contre mes billets les plus récents d'avant le 7 janvier ne s'étonneront pas que celui-ci en soit le nouveau prolongement :

et pour la suite,

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