Grèce : la rupture comme seule réponse au chantage de la troïka

Nous sommes finalement arrivés au point où une décision devra être prise rapidement (dans les tous prochains jours) et on peut dire que les masques sont définitivement tombés, y compris pour ceux qui souhaitaient se voiler la face.

La Commission a remis hier soir sa "proposition" de plan à la Grèce afin de lui accorder un financement qui lui permettra d'éviter de faire défaut sur ses remboursements à ses créanciers au cours du mois de juin (première échéance demain avec le FMI, a priori honorée).

Ce projet est scandaleux, il constitue un chantage honteux digne de la bassesse des Juncker, Lagarde, Hollande, Merkel et cie. Il exige une nouvelle coupe des retraites, une hausse de la TVA pour les produits alimentaires et l'énergie, la suppression de prestations sociales, des excédents budgétaires revus à la baisse mais toujours aussi irréalistes. Et tout cela immédiatement, avant une nouvelle série de mesures qui devront être prises à l'automne.

SYRIZA a eu tort de s'enfermer dans ces discussions en se bornant depuis quatre mois à rembourser par tous les moyens ses créanciers au détriment de toute autre priorité affichée dans son programme électoral. Cependant, le moment n'est pas approprié pour critiquer, celui des comptes viendra plus tard.

La troïka affiche clairement la couleur désormais : la soumission est le seul choix proposé. Les premières réactions au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire ont été négatives mais Tsipras a tout de suite enchaîné en affirmant qu'un terrain d'entente était toujours possible.

Nous voilà donc arrivés au moment décisif.  L'incertitude et la crainte des conséquences d'une rupture sont très fortes mais celle-ci est malheureusement la seule voie préservant la dignité et la liberté des Grecs. Ce gouvernement aura-t-il le courage de l'entendre ?

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