Claquer la porte de l'UE ? Quand ? Et Ensuite ?

Certains regrettent que Syriza n'ait pas d'emblée quitté l'UE et la zone Euro.

Le militants et les dirigeants de la majorité de Syriza font valoir certains faits. 

Claquer la porte entrainerait (entrainera ?) de sérieuses difficultés, bien sûr. Rester dans l'UE et la zone Euro en entraine d'autres, surtout si Bruxelles reste inflexible. La question qui se pose est celle de la réaction des Grecs dans la première hypothèse. 

Lorsque Syriza est arrivé au pouvoir, c'est avec le suffrage de 30% des électeurs.  Mais actuellement, 80% des Grecs approuvent la lutte du gouvernement contre Bruxelles dans la négociation. Le temps passer à négocier n'a pas été du temps perdu.

Comme le disait un stratège, il faut parfois perdre du terrain pour gagner du temps. Le liste des mesures que Syriza a accepté de présenter à Bruxelles pour justifier le financement des quatre prochains moins, cette liste ne comprend pas ce que demande la "TRIKA" : baisse des salaires, baisse des retraites, hausse de la TVA, poursuite des privatisations.

Cette liste comporte au contraire des mesures de justice fiscale que, jusqu'à présent, Bruxelles n'a jamais acceptées dans le mémorandum.

L'acceptation ou le refus de Bruxelles vont être intéressants...

Supposons que Bruxelles et la TRIKA refusent les mesures du gouvernement Grec, et que, suite à cela, il y ait rupture.

Contrairement à l'image de la situation qui nous est donnée par la presse, le peuple Grec n'est pas tellement démuni, ni isolé. On l'ignore souvent, mais il y a une grande communauté grecque aux USA. Cette communauté soutient la politique de Syriza. Et c'est bien la première fois qu'elle soutient un gouvernement de gauche... 

D'autre part, des discussions se mènent avec le gouvernement russe. Les Russes sont de religion orthodoxe, comme les Grecs. Et le gouvernement russe est heureux de disposer, en Europe, d'un possible partenaire qui ne joue pas, sur la question ukrainienne, le jeu de l'occident.

Enfin, de bons contacts existent avec la Chine. La "vente" du port du Pirée aux Chinois serait une privatisation "à la chinoise" justement, c'est à dire que les Grecs conserveraient 51% des parts. 

D'autres contacts intéressants ont été pris avec le Brésil et avec l'Afrique du Sud.

On sait que ces pays (les BRICS) ont créé une puissante banque, vers laquelle il n'est pas exclu que se tournent les Grecs.

Enfin, et c'est peut-être le plus inattendu, les Grecs se sont découvert un allié qui sait ce que c'est qu'un pays qui fait défaut, un Argentin, le Pape François...

Bref, l'arrogance des institutions européennes, principalement celle des Allemands et des Français, n'est pas nécessairement de bonne stratégie.

 

 

 

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