A la manière des "shadocks" les Elus créent des coquilles vides

L'Assemblée Nationale a débattu jeudi 30 octobre 2008 du FIQSV (1) et des maisons de santé pluridisciplinaires, le grand fantasme de la majorité actuelle censé résoudre les problèmes démographiques et les désert médicaux qu'ils se sont acharnés à créer !Nos élus semblent se rendre compte qu'il vont créer des coquilles vides, mais ils continuent obstinément à foncer « ... droit dans le mur et en klaxonnant ...» comme le disait déjà il y a un moment mon ami Christian LEHMANN.

shadock.jpegL'Assemblée Nationale a débattu jeudi 30 octobre 2008 du FIQSV (1) et des maisons de santé pluridisciplinaires, le grand fantasme de la majorité actuelle censé résoudre les problèmes démographiques et les désert médicaux qu'ils se sont acharnés à créer !
Nos élus semblent se rendre compte qu'il vont créer des coquilles vides, mais ils continuent obstinément à foncer « ... droit dans le mur et en klaxonnant ...» comme le disait déjà il y a un moment mon ami Christian LEHMANN.

Comment et quand vont-ils comprendre que les médecins généralistes de 50 ans et plus n'aspirent qu'à raccrocher et qu'ils le font de plus en plus avant l'âge requis de 65 ans ?
Comment leur faire comprendre que les jeunes ne veulent plus faire ce métier en libéral ? Et je les comprends, vilipendés de toutes parts, accusés de tous les maux de la sécurité sociale, traités de nantis alors qu'ils n'ont même plus les moyens de salarier une secrétaire voire un service de nettoyage tout en travaillant 60 à 70 h par semaine et en étant encore parfois en plus réquisitionnés par les Préfets !
Comment leur faire comprendre qu'eux, Les Elus de la nation en sont la cause ?
Comment leur faire comprendre qu'ils ont rendu l'exercice de la médecine générale intenable ?
Comment leur faire comprendre que l'unique et dernière chance à leur disposition reste la voie de l'attractivité ?
Comment leur faire comprendre que leur unique et dernière chance de conserver un maillage de généralistes sur le territoire est de leur donner les moyens d'exercer dignement en allégeant le joug administratif et en portant leurs revenus à hauteur de ceux de leurs Confrères spécialistes ?
Lisez comme moi quelques lignes de ces débats (morceaux choisis) et vous constaterez qu'ils n'ont toujours rien compris !
«... Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé.
Ainsi, j’ai lancé un programme de financement de 100 maisons pluridisciplinaires. Mais, pour l’instant, nous n’avons encore reçu aucun projet. Je les attends...
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé.
Soyez sérieux, monsieur Terrasse. Je rappelle que les maisons de santé pluridisciplinaires ont vocation à générer des économies dans l’exercice libéral de la médecine, et que les médecins concernés peuvent dès lors, eux aussi, accepter de financer une partie des investissements de ces maisons. Je vous trouve bien généreux avec l’argent des cotisants.
M. Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires culturelles.
Nous sommes dans un monde empli d’arrosoirs, et je vois des maisons pluridisciplinaires déjà arrosées d’argent public à plus de 50 % ! Je rappelle qu’elles regroupent des professions libérales qui peuvent tout de même payer des locations normales. Le taux de subvention de 20 % ne devrait pas être dépassé. Sinon, il y aura une surenchère de financements.
M. Christian Paul. C’est un partage des rôles auquel nous commençons à être habitués.
Sans chercher à polémiquer, je dirais à M. Méhaignerie : si vous pensez qu’en aidant les maisons de santé à hauteur de 20 %, on parvient à lutter contre le désert médical et à faire venir des professionnels de santé dans des territoires qu’ils sont en train de fuir, je crois que vous vous trompez. Avec Marc Bernier qui en était le rapporteur, nous avons mené un travail d’investigation sur ce sujet pendant de nombreux mois. Aujourd’hui, les maisons de santé pluridisciplinaires sont plébiscitées dans les territoires, mais elles nécessitent autre chose que ces aides à 20 % : il s’agit de les rendre plus attractives pour les professionnels de santé, déficitaires dans ces zones.
M. Marc Bernier. Dans le rapport – et on y reviendra lors de l’examen de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » – nous insistons sur la nécessité d’avoir un projet médical en amont. Avant de proposer le bâti, il faut s’assurer que les professions de santé ont la volonté de s’unir.
M. Yves Bur, rapporteur pour les recettes et l’équilibre général. Sinon, on se retrouve avec des maisons vides !
M. Marc Bernier. Ce n’est pas en construisant des buildings dans chaque canton que l’on va attirer des médecins. Il faut donc se montrer vigilants sur ce point et arrêter la surenchère : ce n’est pas en portant le financement de 50 000 à 100 000 euros que l’on fera venir des médecins. Ce n’est même plus au niveau du canton mais au niveau du bassin de vie qu’il faut envisager un pôle santé regroupant plusieurs maisons de santé pluridisciplinaires et permettant de tisser un maillage uniforme sur l’ensemble du territoire.
coquille.jpgMme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé.
Le sujet des maisons de santé est tout à fait primordial. Comme certains l’ont souligné, les aides en faveur de l’installation des médecins en zones sous-denses sont très nombreuses, très complexes : pas moins de treize sortes, accordées par divers acteurs – l’État, l’assurance maladie, les différents niveaux de collectivités territoriales –, selon près de 200 modalités répertoriées. L’un des intérêts de l’Agence régionale de santé sera de constituer un guichet unique pour ces aides qui peuvent atteindre des montants importants. Très justement, Marc Bernier a expliqué que tout cela devait relever d’un projet de pôle de santé, de territoire de santé. Lorsque je suis allée dans sa circonscription, Jean-Pierre Door m’a signalé que deux maisons médicales installées à grands frais étaient vides…


M. Jean-Pierre Door, rapporteur pour l’assurance maladie et les accidents du travail. Tout à fait, des coquilles vides !


M. Yves Bur, rapporteur pour les recettes et l’équilibre général. Quel gâchis !


Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé.
…parce qu’elles ne correspondaient pas à un projet de santé, un territoire de santé structuré. Il faut donc veiller à ne pas parsemer le pays d’éléphants blancs totalement inutilisés, qui auront été très coûteux pour la collectivité parce qu’ils ne correspondront pas à ce territoire de santé
... »
Vous voyez, ils le disent eux-même, JP DOOR en tête, des coqilles vides, ce qui ne l'empêche pas par ailleurs d'inventer une nouvelle taxe pour les médecins libéraux ne télétransmettant pas leurs feuilles de soins ! Ce n'est pas comme cela Mr le Député DOOR que vous remplirrez vos coquilles !
Vous voulez des médecins dans tel territoire rural ? Ce n'est pas compliqué:
- Vous financez intégralement votre maison pluridisciplinaire, murs fonctionnement, personnel et entretien
- Vous salariez des médecins à hauteur des revenus de leurs collègues travaillant dans les caisses d'Assurance maladie.
Là vous risquez d'intéresser les jeunes et avez un espoir de remplir vos coquilles, mais ne tardez pas, plus vous attendez et plus ce sera cher parce que ce qui est rare est cher et le médecin généraliste est une espèce en voie d'extinction en ce début de XXIè siècle.

 

Dr marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP, ESPACE GENERALISTE

 

«...Et pendant que nos députés et ministres tirent des plans sur la comète avec leurs maisons médicales pluridisciplinaires dont les praticiens ne veulent pas, les cabinets de médecine générale, privés de moyens et de toute perspective de sauvetage ferment les uns après les autres…» Dr Guillemette REVEYRON (01)

 

(1) FIQSV: Fond d’Intervention pour la Qualité des Soins de Ville

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