Discours de vœux d’Emmanuel Macron : SUD éducation dénonce une provocation

Pour Sud éducation, c’est par la grève, sa généralisation et sa reconduction que le mouvement social fera plier le gouvernement et obtiendra le retrait du projet de loi...

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La période des congés scolaires en a fait la preuve : la grève contre la réforme des retraites n’a pas connu de trêve, malgré la pression constante du gouvernement. Pour les personnels de l’éducation, qui étaient en congé, cela a été l’occasion de participer aux différentes actions interprofessionnelles : réveillons dans les gares les 23 et 30 décembre tractages, manifestations spontanées le 26 décembre, participation aux piquets de grève, AG interprofessionnelles, manifestations interprofessionnelles un peu partout sur le territoire le samedi 28 décembre à l’appel de SUD Rail et de la CGT cheminots.

Les annonces du gouvernement n’ont pas entamé la détermination des grévistes. Pas plus d’ailleurs que les appels à la trêve de plusieurs organisations syndicales, dont l’UNSA et la CFDT, qui n’ont bien souvent pas été respectées par leur base ! Plusieurs secteurs ont par ailleurs accentué leur implication dans la mobilisation, comme le secteur des raffineries, dont on connaît l’effet paralysant pour l’économie et, partant, l’importance dans le rapport de force avec le gouvernement à la solde du patronat.

La période qui s’ouvre avec la fin des congés scolaires doit être envisagée avec optimisme et détermination. Le gouvernement est fragilisé par les affaires Delevoye. Les sondages continuent à montrer un soutien majoritaire dans la population à la grève. Les annonces du gouvernement n’ont convaincu personne, pas même les syndicats les plus favorables au principe de la retraite par points. Le gouvernement se sent obligé de médiatiser des pseudos concessions à certains secteurs, comme celui de la culture, qui ne veulent pas plus d’une retraite qui pénaliserait la jeunesse à venir et choisit la solidarité pour tous et toutes. Et surtout, les secteurs en grève avant les congés, à commencer par l’éducation, vont trouver dans la reprise l’occasion de reprendre le chemin de la lutte et de la grève.

Dans le secteur de l’éducation, les annonces sur la revalorisation des enseignant-e-s n’ont trompé personne, comme l’a démontré SUD éducation dans plusieurs documents de décryptage. Pire, elles sont l’occasion pour le ministre de remettre sur la table différentes mesures de démantèlement du statut des enseignant-e-s : réduction des congés, multiplication des missions, annualisation du temps de travail… s’ajoutant à la casse prévue avec la loi de transformation de la Fonction publique qui détruit les instances paritaires, ainsi que les suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2020. Si besoin était de le préciser : en combattant la réforme des retraites, c’est aussi le service public d’éducation que l’on défend !

Pour SUD éducation, il s’agit dorénavant de renforcer le rapport de force, dans l’objectif de gagner sur la revendication centrale de la mobilisation : le retrait pur et simple du projet Macron-Delevoye. Et pour cela, il n’y a pas de secret : seul un mouvement de grève massif, généralisé et reconduit, pourra permettre de l’emporter. Dans cette optique, différentes AG ont appelé à reprendre la grève dès le début de la semaine de la rentrée. Et le 9 janvier doit être l’occasion, par une véritable démonstration de force dans les taux de grévistes et dans la rue, de reprendre le chemin de la grève et de sa reconduction. Macron a affirmé sa détermination à mener sa réforme des retraites jusqu’au bout : faisons plier ce gouvernement et exigeons avec fermeté et détermination le retrait de cette réforme qui n’est ni amendable ni négociable.

SUD éducation appelle à :

• se réunir en Assemblée générales dès la rentrée et à voter la grève et sa reconduction
• se mettre massivement en grève et à participer aux manifestations le 9 janvier
• reconduire la grève pour amplifier le rapport de force pour obtenir le retrait du plan Macron-Delevoye

Le communiqué aux médias :

 

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Quatre semaines après le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron et son gouvernement se livrent toujours à l’épreuve de force avec les salarié-e-s.

Lors de son discours du 31 décembre, Emmanuel Macron a montré, une fois de plus, à quel point il porte les intérêts des capitalistes. Il s’est contenté d’accuser les organisations syndicales, qui s’engagent contre la régression sociale que le gouvernement essaie de mettre en œuvre, de répandre des “mensonges” et de se livrer à la “manipulation”.

Alors que la grève se poursuit à la RATP et la SNCF, et que chaque jour qui passe est un coup porté au gouvernement et aux profits des capitalistes, le président de la République continue de bégayer une propagande gouvernementale qui ne convainc plus personne.

Les grévistes et les enseignant-e-s mobilisé-e-s en cette période de fin d’année ont déjà démontré qu’il n’y aurait pas de “trêve de Noël”. L’heure est donc plus que jamais à l’unité autour de la revendication de retrait du projet Macron-Philippe !
SUD éducation appelle les personnels :


• à participer aux caisses de grève ;
• à participer aux AG interprofessionnelles, et aux réunions publiques ;
• à rejoindre toutes les actions de mobilisation des salarié-e-s grévistes, notamment les piquets de grèves, les tractages, les actions de blocage économique.

Plus que jamais, c’est par la grève, sa généralisation et sa reconduction que nous ferons plier le gouvernement et obtiendrons le retrait du projet de loi.

SUD éducation appelle donc, avec l’intersyndicale éducation CGT-FAEN-FSU-SNALC-SUD et dans le cadre de l’appel interprofessionnel CGT-FSU-FO-Solidaires à faire de la journée du 9 janvier une grande journée de grève et de manifestations, à même de servir de point d’appui à un puissant mouvement de grève reconductible.

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