A Lyon, écologistes et insoumis main dans la main pour limiter le droit de grève.

On a peine à y croire, et on se pince tant la nouvelle semble incroyable, surtout pour les insoumis peu habitués à ce genre de coup bas. Et pourtant, sans crier gare, l’administration de la municipalité a modifié les règles du droit de grève pour les agents municipaux de Lyon, et pas à leur avantage…

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Samedi 4 Septembre 2021

Social

On pourrait penser que les écologistes et les insoumis fraichement élus à la Mairie de Lyon se sont laissés déborder par le service de gestion du personnel de la municipalité, puisque c’est de là qu’est parti le courrier indiquant à tous les agents que :

1er) pour toute grève, c’est la règle du 1/30 indivisible qui s’appliquait. Comprendre que pour une heure de grève, c’est la journée entière qui sera retenue.

2em) Tout gréviste devrait se déclarer 48 heures à l’avance, et 24h à l’avance dans le cas où il renoncerait.

Deux modifications majeures intervenant à la date à laquelle avait été déposée un préavis de grève par l’intersyndicale des territoriaux pour protester contre la suppression de jours de congés.

Mais il ne faut pas rêver, car c’est un élu Insoumis qui est ensuite monté au créneau pour justifier une telle décision. Un insoumis un peu bravache qui assume être à l’origine d’une attaque frontale contre le droit de grève, limitant strictement les conditions de son exercice, on a peine à y croire et on se demande bien ce qu’en pense Mélenchon ainsi que sa garde rapprochée.

Dans l’explication qu’il donne à la presse, l’élu Insoumis en question, Laurent Bosetti, justifie la décision de la municipalité avec des arguments totalement ahurissants et confondants. Il affirme sans rire :  « Comme ces grèves sont particulièrement visibles et impactantes à peu de frais, elles sont devenues le principal levier syndical que ce soit pour des mots d’ordre locaux mais aussi pour des mots d’ordres nationaux auxquels la municipalité ne peut pas répondre ». Outre le fait que l’élu insoumis soi-disant proche des salariés regrette que les grèves ne coutent pas assez cher aux agents, il déplore aussi qu’ils puissent se mettre en grève sur des mots d’ordre sur lesquels l’employeur n’a aucune prise. Avec un tel raisonnement presque plus personne ne pourrait faire grève, pour les retraites par exemple, ou contre les projets de loi initiés par le gouvernement, puisque les employeurs publics ou privés n’ont pas directement la main sur ces projets. Ce qui reviendrait à interdire la grève dans une grande majorité des revendications. Bravo l’insoumis !

Autre fait, et non des moindres, aucune consultation/négociation n’a eu lieu avec les syndicats, et mieux, le Conseil municipal n’a même pas été consulté, ces deux séquence étant pourtant obligatoires. Un recours auprès du tribunal administratif a d’ailleurs été déposé, comme le relate fort bien le site de « Rapport de Force » :

 Mairie de Lyon : petit manuel (écolo) pour casser une grève (Rapport de Force)

Il n’en fallait pas plus pour que les ex militants du NPA regroupés dans le média « Révolution permanente » tirent à boulets rouges (sans mauvais jeux de mot) sur les soi-disant élus de gauche qui s’attaquent une fois élus au droit fondamental de la grève en limitant les conditions de son exercice. Ils auraient eu tort de s’en priver.

A Lyon, des élus EELV et LFI cassent la grève des agents municipaux contre une loi macroniste (Révolution permanente)

Bien sûr, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Du moins faut-il espérer que l'immense majorité des insoumis et des écolos rejettent la décision inique prise par les élus de Lyon. Mais dans ce cas, il faut que cela se sache. On attend de leur part une condamnation sans équivoque. Sinon, l'abstention aux élections locales et nationales, déjà record, continuera à gagner du terrain dans toutes les couches de la population. Et cela, ce n'est pas bon du tout pour lé démocratie.

Ajout le samedi 4 septembre à 23h 20

Le site d'information de Rebellyon a également publié un article sur cette affaire :

Rentrée 2021, les acquis sociaux remis en cause à la ville de Lyon (Rebellyon)

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