Après l'immolation d'un étudiant à Lyon, rassemblements le 12 novembre

Un jeune étudiant de 22 ans, par ailleurs secrétaire fédéral de SUD étudiant a tenté de mettre fin à ses jours le 8 novembre en s'immolant devant le CROUS de Lyon. Par ce geste, il voulait attirer l'attention de l'opinion publique sur l'extrême précarité étudiante.

Ce geste désespéré n'a cependant pas fait la une (à part quelques titres), comme s'il s'agissait d'un fait divers sans grande importance. C'est tout le cynisme dont font preuve les grands médias qui préfèrent focaliser leur attention sur un évènement vieux de trente ans, alors que l'actualité fourmille de situations dramatiques directement en lien avec la mise en œuvre aveugle de la politique inhumaine de Macron et de ses prédécesseurs.

Avant de passer à l'acte, ce jeune d'à peine 22 ans, originaire de St Étienne a laissé le message suivant :

« Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable. Si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard. Je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et par extension, le gouvernement.

Cette année, faisant une troisième I2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?

J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?

Et après les études, combien de temps devons-nous travailler, cotiser pour une retraite décente ? Pourrons-nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicat aujourd’hui, avec le salaire étudiant, et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas sa vie à l gagner.

Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne pas avoir d’incertitude vis-à-vis du chômage, ce qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à  ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et crée du libéralisme qui crée des inégalités.

J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué en créant des incertitudes sur l’avenir de tou-te-s. J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.

Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.

Et désolé pour l’épreuve que c’est.

Au revoir.»

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Demain, malheureusement,  nous pourrions bien assister à des actes désespérés de même nature parmi les chômeurs et les précaires, eux aussi directement ciblés par la réduction drastique de leurs allocations chômage. Il faut avoir le courage de le dire et de le dénoncer avant que cela n'arrive de nouveau.

À Lyon, SUD étudiant a vivement réagi à la suite du drame qui s'est joué devant leur CROUS. Aussi appellent-ils partout où cela est possible à des rassemblements devant les CROUS, le mardi 12 novembre.

Voir sur leur page Facebook le texte qu'ils ont  publié :

https://www.facebook.com/solidairesetudianteslyon/posts/1145955782274725

À Clermont-Ferrand, l'émotion est tout aussi perceptible. Les étudiants sont également choqués par le fait que de telles situations puissent se produire de nos jours. Eux aussi appellent à un rassemblement Mardi 12 novembre à 18h  devant le bâtiment CROUS Etienne Dolet (25  Rue Etienne Dolet), et demandent à la population de les rejoindre pour les soutenir.

 

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