Pour une politique municipale du logement au service du vivre ensemble

Disons-le d’entrée pour éclairer la chose. Le cadre général des politiques publiques de l’habitat- la loi Macron dite loi Elan- en pleine application, est une entrave majeure à l’exercice de ce droit universel.

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Le gouvernement Macron/Philippe réduit le budget consacré d’année en année à cette politique et s’attaque directement et successivement aux aides personnalisées au logement (APL) et à une réduction drastique du loyer de solidarité (RLS). Appauvrir toujours plus les familles françaises, mettre à genou les structures sociales de gestion, devient un leitmotiv d’État.

Mais disons-le aussi, la « stratégie des élus en place, celle du « tout démolition » des cités datant des années 60/70, est à l’expérience certes volontariste, mais tout autant déséquilibrée en regard des attentes générales des locataires. Elle conduit à expédier les familles à reloger vers des cieux pas plus cléments, c’est-à-dire en secteur rural ou vers des constructions périphériques, en bande et de type pavillonnaire, mais trop souvent de moindre qualité.

Le logement social reste en secteur montluçonnais bloqué au niveau de crise, parce qu’il reste installé dans une impasse économique concrète et d’une non solidarité de soutien envers ceux qui luttent contre la pauvreté qui s’étend dans ce milieu populaire! On le sait le taux de pauvreté atteint chez nous les 22% et le chômage dépasse toujours les 20%. Ce n’est pas rien alors que la hausse des loyers se conjuguent au négatif avec la diminution des revenus, des prestations sociales, des baisses incessantes des retraites…Merci Mr Macron et vos réformes inacceptables !

On répète au niveau des gestionnaires, que la déprise démographique est trop pesante, qu’il y a trop de logements non occupés, (20% des logements du parc avant les démolitions prévues), lourds en frais de gestion ! Dans le même temps, les demandes de logements, restent nombreuses et trop souvent encore non satisfaites. Refusées par des demandeurs considérant les logements proposés comme mal entretenus voir vétustes. Les appréciations de ces demandeurs nous évoquent d’autres éléments. En particulier les constats amers du rapport qualité/prix du loyer et des revenus avec le calcul du reste à charge qui est manifestement trop élevé.

Les augmentations de loyers ne sont pas la solution ! Ces hausses de loyer imposées depuis quinze ans au nom d’un rattrapage du coût logement pratiqué ailleurs, ne participent à aucun redressement de l’équilibre financier. Et ce malgré l’intervention de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social. Un accord liant l’Office à la CGLLS, donc à l’Etat, et aussi à la Caisse des Dépôts et Consignation qui ne doit pas, ne peut pas durer en l’état. Il doit être revu, renégocié, rééquilibré en faveur des locataires. Une subvention exceptionnelle de fonctionnement obtenue…

La CDC, a des capacités de financement qui sont au service des collectivités. Et dans le cadre de la fusion obligée par la loi ELAN des structures HLM, ainsi Montluçon avec Bourges, la CDC apparait comme chapeautant la nouvelle entité gestionnaire. La CDC Habitat ne peut se contenter d’apporter sa technique financière dans un esprit de rendre rentable les activités d’une structure dont ce n’est ni la mission ni la vocation historique. Empêcher aujourd’hui cette fusion autoritaire dictée par l’état n’est pas des plus simple, mais transformer son rôle et ses possibilités pour réorienter le sens de la politique du logement social au plan local est possible et nécessaire.

La règle verte pour la transformation du logement social ! Et le cadre du PLUi-H, (Le plan local d’urbanisme intercommunal de l’Habitat dont l’étude est faite) s’y prête. Car alors deviendra possible la mise en œuvre d’un véritable schéma de développement urbain dont une priorité sera de favoriser une campagne de rénovation, d’isolation thermique et phonique des bâtiments passoire en énergie. Ceci favorisant l’humidité trop souvent citée comme plaie de l’inconfort par les locataires âgés, et ou, de santé précaire nombreux en HLM. L’étude du PLUi-H de 2018, commandée par Montluçon Communauté indique que deux personnes sur trois ont plus de 60 ans sur notre secteur d’habitation large…

Le moment électoral que l’on vit est propice à une réflexion approfondie sur ces question sensibles du logement. Y compris celle de redonner vie au dynamisme de l’Office de l’Habitat montluçonnais ! Et pour cela démocratiser toujours mieux son organisation, améliorer encore les formations des personnels. Être attentif au relationnel des agents en contact avec le monde et la vie des cités. Installer une nouvelle formule de gestion transparente, citoyenne et ouverte, et par exemple aller vers la mise en place d’ une conférence annuelle de concertation. La réflexion avance sur cette question menée par nombre d’amis. Militants Insoumis, responsables associatifs etc…

Une formule de concertation et d’actes citoyens où seraient présents les élus de l’office, des représentants d’association de locataires, des locataires des cités directement tirés au sort, des représentants des salariés, voir, des délégués d’associations locales de solidarité sociale, d’accompagnement des personnes en fragilité de situation… Les sujets abordés évoluant d’une année sur l’autre pourraient porter sur les programmes d’aménagement, de construction et d’entretien du patrimoine commun, de politique de loyer et d’ aides sociales…

On le voit, et c’est mon opinion de longue date, la vie en secteur HLM se doit d’être prise au sérieux, c’est un endroit où peut se conjuguer à tous les temps l’accès au bonheur simple.

Paul Crespin,  insoumis pour un communalisme social ambitieux ! Pt de l’OPHLM 1989/2001

Montluçon le 15/02/2020

Ps : Les attentes sont fortes en milieux populaire et le questionnaire initié par la France Insoumise en a pointé tout le sens et toute l’actualité, il est à connaitre et à faire connaitre…


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