Vous dites rapprochement des offices HLM ! Ah bon ?

Au moment où se dessinent les contours d’une campagne électorale incertaine pour beaucoup de candidats, l’ancien maire toujours omniprésent, continue de prendre des initiatives aux conséquences douteuses, comme c’est le cas pour l’avenir du logement social sur l’agglomération de Montluçon.

Comme maire, président du conseil d’Agglomération, président de l’office, il n’a pas manqué de point d’entrée dans des lieux de pouvoir administratif, tout autant que politique. N’était-il pas membre du même parti, les Républicains, que des gens bien placés hier aux responsabilités de l’Etat central. Des gens d’importance tels que Mrs N. Sarkozy et F. Fillon. Ou encore aujourd’hui avec le 1er ministre Mr E. Philippe du même parti Les Républicain...

 Son système de gestion établi il y a plus de dix-huit ans s’effondre, ses suivants se déchirent et s’enfoncent dans les dénis de toutes sortes … Triste spectacle ! Ainsi de la situation du logement social et de l’Office de l’Habitat qui vit des heures inquiétantes pour les familles qui s’y logent. Rappelons quand même ici que personne ne pourra dire que la situation actuelle de l’OPHLM est un héritage laissé par ses prédécesseurs, sans honte du ridicule…

En 2001, lors de sa prise de fonction à l’Office avec sa majorité de droite, la situation était tout simplement en équilibre de compte, sans trou financier. Et cela avait permis, entre autre, que durant les deux années précédentes il n’y ait  pas  eu d’augmentation de loyers ! Permis que  les programmes de réhabilitation soient engagés largement, que les personnels soient respectés dans leur mission technique. Que ceux qui doutent  de cette réalité cachée et pour cause par l’équipe des élus en place, ressortent  les bilans de cette époque cela éclairera par comparaison la situation actuelle…

Depuis ce temps là rien ne va plus et plus particulièrement depuis le changement de statut des Offices Publics de l’Habitat à Loyers Modérés,  transformés aux années 2005/2006 en Office de l’Habitat  tout net, tournés vers une gestion  financière de caractère privé. Et que dire du statut des personnels sortis du cadre de la fonction publique territoriale ?

Hlm à Fontbouillant (photo archives Regardactu) Hlm à Fontbouillant (photo archives Regardactu)
Non seulement les difficultés de gestion, malgré les appels au secours lancés auprès de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social en 2014, subsistent  mais  elles risquent de s’accélérer. La fuite en avant que représente la fusion des organismes HLM imposée par les dernières lois pour le logement social du gouvernement Macron-Philippe, va occasionner de nouvelles interventions de structures financières tentaculaires  dont celle de la « C.D.C. Habitat » et ses 495000 logements gérés. Cette dernière,  appelée à chapeauter les regroupements des entités H L M de Montluçon et de Bourges, sera de fait le maitre d’œuvre des gestions locales, rentabilité forcée  ou disparition à la clef…

 Sous les coups redoublés des réformes des politiques ‘’logement et urbanisme’’ de l’état, les formidables outils démocratiques  que représentaient les organismes du logement social au service des familles sont déstructurés, mis au service des logiques du libéralisme financier. Le gouvernement réduit encore les budgets de l’état sur les besoins logement autant en ce qui serait utile en construction neuve, qu’en maintien du niveau des APL. Des APL mises à mal alors qu’elles sont des éléments  pourtant essentiels de la solidarité nationale envers les locataires pauvres comme pour les étudiants.

C’est donc par les deux bouts de la chaine du logement social que se renforcent les problèmes à résoudre au plan local. Celui des moyens structurels pour  donner ou redonner les moyens d’agir aux offices en liaison avec les plans de développement sociaux et environnementaux des localités. Répondre ainsi aux nécessités de maintien du niveau de vie  des locataires paupérisés en masse dans des cités mal entretenues ouvertes aux incivilités et refusées par les demandeurs de logement. Montluçon en est hélas le triste exemple !

Les beaux discours  d’auto-félicitation tenus au cours de l’annonce de la fusion des organismes de Bourges et Montluçon, font peur. D’abord, dépeints « comme  se voulant avant tout une structure de mutualisation des moyens et d’autofinancement, avec pour finalité de renforcer la capacité d’action de ces opérateurs publics » (dixit La Montagne du 24/12/19), beaucoup d’affirmations ont été   contredites par la suite des discours des présidents  abordant le rôle de la société de coordination  en disant que : « la vocation annoncée de celle-ci , est de réaliser des économies d’échelles et de favoriser des projets ! ».  Ce qui ne colle pas vraiment avec le maintien de l’indépendance des gouvernances en vigueur quand on sait le poids des décisions de la CDC Habitat qui dominera le nouvel édifice.

On sera alors loin de la gestion de proximité, loin du contrôle des locataires sur le service à rendre à chacun d’eux. Et ce faisant ouvert à la vente des logements en bon état, soumis aux directives de la concurrence libre et non faussée en matière de prix de loyer et de privatisation proche…

Puisse la consultation électorale qui vient, éclairer les choix d’une sortie possible de ces politiques de casse organisées.

Paul Crespin Président de L’office HHM de 1989 à 2001.

Montluçon le 28/12/19

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