Consultation sur la charte de participation : débattre sans se battre

Dernier sujet de consultation sur la nouvelle charte de participation : comment débattre sans se battre ?

Dans le cadre de la consultation pour repenser la charte de participation ensemble, nous vous proposons de réfléchir à des solutions pour débattre sans se battre.


Parmi les réponses à l’enquête sur la charte actuelle, plusieurs d’entre vous redoutent la violence des propos, la grossièreté et les attaques ad hominem.
Face à ce constat nous avons appliqué une modération plus sévère envers les attaques personnelles et les commentaires grossiers afin de réduire la violence qui peut se dégager d’un message. Les “fils de pute”, “enculés”, “trous du cul” (pas la peine de mettre des astérisques à la place des lettres, la modération s’effectue à la main et nous faisons vite le lien entre “fils de p*** et l’insulte complète…) n’apportent strictement rien à une conversation et n’ont pas leur place sur Mediapart.

Mais au delà de cet aspect “punitif”, il existe sans doute des nouvelles façons de penser la participation en ligne, pour que chacun puisse contribuer sans se faire insulter. 


Raciste, une insulte ?

Au delà des noms d'oiseau, les participants à un débat ont vite fait de se traiter de raciste. "Raciste" n'est pas une insulte. Ce mot peut qualifier des idées, un propos, au même titre qu'homophobe ou sexiste. Certes il fuse bien vite dans nos espaces de participation mais il n'en constitue pas pour autant une invective comme "connard" ou "pouffiasse". 
S'il n'y a rien de contraire à la charte à utiliser le mot "raciste", il faut garder en tête que l'employer à mauvais escient, uniquement pour discréditer son adversaire, est aussi contre-productif que l'utilisation systématique du point Godwin. Dans tous les cas il est plus judicieux de qualifier un commentaire de raciste que son auteur. Cela permet d'éviter de tomber dans la manoeuvre malhonnête pour faire taire l'autre mais aussi de l'essentialiser en l'enfermant dans la case "raciste" sur la base d'un commentaire. Cela s'applique aussi aux "sexiste", "homophobe", etc.
Une remarque sur la tendance dans les commentaires : "fasciste" is the new "raciste". Utilisé à tort et à travers il perd de sa pertinence et de sa force.


Le Collection CAMédia

Celles et ceux qui arpentent ces pages depuis des années ont peut être lu les réflexions du collectif CAMédia sur la participatif “pour un clavier bien tempéré”.
La démarche “Pour un clavier bien tempéré” annonce deux objectifs :

-Promouvoir des débats respectueux et constructifs où l’on puisse inventer une pensée collective.

-Proposer un cadre dans lequel pourront s'exprimer des avis divers et / ou divergents.

Et part de ce constat : il est parfois fort difficile de mener, dans le Club de Médiapart et dans bien d'autres espaces publics, un débat contradictoire, à la fois précis, argumenté et sans agressivité : bien souvent, se constituent des effets de « camp », et les prises de position sont implicitement sous-tendues par l'idée que l'autre a tort, et qu'il s'agit d'avoir le dernier mot.

Trois problématiques :

  • comment préserver sa propre face sans égratigner celle de l’interlocuteur ?
  • comment accepter le conflit sans qu’il ne verse dans la violence verbale destructrice, sans que l’émotion ne tue la raison, ou que la raison ne tue l’émotion ?
  • comment, du fait de sa dématérialisation, organiser, animer un débat, afin qu’il soit autre chose qu’une aimable tribune où la joute verbale ne sert que de cosmétique à la face des participants ?

 
Des suggestions

Une proposition émanant de CAMédia :

Un auteur rédige un article initial, qui lance la discussion. L’auteur peut être un individu ou une équipe. Il doit à la fois suivre ce qui s'écrit, réguler si nécessaire et solliciter tel ou tel commentateur afin qu'il développe son idée dans un article suivant : la préférence irait donc plutôt à des réponses sous forme d'articles argumentés.

Nous pourrions mettre en place un code avec un commentaire posté par la Modération pour rappeler à chacun de garder son calme, un drapeau blanc par exemple, comme le fait Guillaume Chaudet-Foglia.

Certains abonnés pourraient jouer le rôle de médiateur quand le ton monte.

 Qu’en pensez vous ? Des idées à partager ?

Quelques règles pour faciliter la participation à cette consultation :

1 commentaire = 1 idée
1 vote = 1 recommandé
Il n’y a pas de mauvaise idée
Respect de la parole de l’autre : pas d’insulte, d’invective
Pour faciliter la consultation des idées, les commentaires qui ne traitent pas du sujet seront dépubliés.

 

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