Pour un véritable débat

Par Ludivine Bantigny, Claire Blandin, Laurence De Cock, Eric Fournier, Guillaume Mazeau, Stéphanie Sauget, David Niget, Michèle Riot-Sarcey, Julien Théry

Il fallait être naïf ou tout simplement oublieux de la tradition de débat dont beaucoup d’historien-ne-s, heureusement, demeurent coutumier-ère-s, pour imaginer qu’on pouvait, sans susciter de contestation, confier la conférence inaugurale à Marcel Gauchet  sur le thème d’actualité des rebelles.

“Groupuscule” ? Le mot est lancé par la direction des Rendez-vous de l’histoire de Blois, tel une mise en garde du ministère de l’intérieur à l’égard d’une déclaration (“Blois 2014 : une question d’éthique”) qui est désormais souscrite par près de 230 signataires, collègues enseignant-e-s, universitaires, ou simplement amateurs, et amatrices d’histoire soucieux-ses de maintenir une vigilance critique sur les débats dans la société  (Voir ici le communiqué publié par la Direction des Rendez-vous de l’histoire de Blois :

 

Ces signatures seraient « inconsidérées », précise le même communiqué, déniant la capacité de toutes celles et tous ceux qui ont souscrit à s’interroger sur les modalités et le sens du choix de la personnalité appelée à inaugurer les Rendez-vous de l’histoire dont le thème est, cette année, « Les rebelles ». Gageons plutôt que les signataires ont fait un geste réfléchi, en phase avec leur exigence d’une histoire critique, sans cesse remise sur le métier.

Mais qu’importe, le débat est lancé et nous nous en réjouissons.

Pour commencer, nous le réaffirmons : nous ne sommes pas favorables au boycott. Nous avons été assez clairs dès nos premières prises de positions : il s’agit de « rendez-vous », et nous  y sommes et y participons.

Finissons en aussi avec l’insupportable accusation de « censure » qui nous est adressée, le plus souvent comme seul argument. Cette accusation est fallacieuse et ne fait que masquer le refus de débattre sur le fond. Nous n’avons en effet pas cessé de répéter que le problème ne tient nullement dans la venue de Marcel Gauchet à Blois. Que chacun-e puisse venir s’y exprimer tient d’une évidence qui ne souffre pas la contestation. Dès lors, continuer à brandir l’étendard de la censure est un triste symptôme de l’indigence ou du refus de la discussion.

 Et nous confirmons notre point de vue : Non, Marcel Gauchet n’est pas un grand penseur, il est tout simplement celui qui développe au mieux une pensée molle, consensuelle, et au fond un conservatisme coupable en ces temps de menaces pour le pluralisme démocratique. laquelle sévit dans nos rangs depuis trop longtemps. C’est pourquoi nous avons pris position.

 Que Marcel Gauchet parle comme il le fait partout et pourquoi pas à Blois ; mais qu’on laisse toute sa place à une autre vision des acteurs, des actrices, et de l’histoire critique.  Le passé ne manque pas d’exemples enfouis sous les décombres d’une pensée dominante.

 Que la discussion s’ouvre enfin sur cette question, avec raisons et méthodes, sans mépris ni disqualification du débat.

 

Et pour commencer, vous êtes toutes et tous invité-e-s à en débattre le

Samedi 11 octobre de 17h à 19h à la bourse du travail de Blois 

Annexe, 35 avenue de l’Europe, face à la maison des syndicats

Pour s’y rendre, bus ligne B, direction Sauvageau, arrêt Europe

La ligne B passe par la station république juste à côté de la Halle aux Grains

 

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