Le Net à la chambre noire, petit avant-propos

Le monde est sous le feu constant des appareils photo.

Le monde est sous le feu constant des appareils photo.

 

Pour en avoir un petit aperçu, non exempt d’un léger vertige, il suffit de s’arrêter quelques minutes sur Flickrvision. Sur un globe terrestre tournoyant, une sélection des photographies ajoutées au site d’exposition-partage Flickr apparaissent au fur à mesure de leur envoi, depuis le lieu où elles ont été postées.

 

Avec le numérique s’est multiplié le nombre des appareils avec lesquels il est possible de faire des photos, des reflex perfectionnés aux téléphones portables. Et, avec eux, le nombre de « faiseurs de photos ». Dans le même temps, les amateurs de l’argentique « résistent », photographient toujours avec du film, du 35 mm, bien sûr, et tous les autres formats. Sans parler des amoureux du Polaroid qui, partout sur la planète, se sont rué sur les dernières cartouches en vente après l’arrêt de leur production et ont lancé un appel contre sa mort annoncée. Parallèlement, se sont (re)développées plusieurs pratiques à l’opposé de l’instantanéité, l’immatérialité et le rendu (Photoshopé ou non) de la photo numérique, tels la vogue du Lomo et le retour du sténopé.

 

Pour le meilleur ou pour le pire, le monde est constamment sous les flashs d’une foule de photographes. À tel point que dans certains quartiers touristiques, il faut parfois slalomer avec adresse et contorsions pour demeurer hors champ des objectifs qui mitraillent dans toutes les directions.

 

Conjuguée à celle du numérique, l’explosion des blogs, sites personnels, sites de partage, sites communautaires, sites d’informations… a fait d’Internet une pléthorique et labyrinthique galerie de photos. Parmi elles, certaines n’ont d’intérêt que pour le cercle relationnel de celui qui les a prises. Mais, un nombre, croissant également, de photographes, amateurs ou professionnels, profitent de la toile pour exposer et faire connaître leur travail (artistique, journalistique…), donner un aperçu des endroits où se pose leur regard, de Paris à Shanghai, de New York à Djakarta, témoigner de ce qu’ils voient, et partager leur passion, à l’exemple de cette édition.

 

Sur le mur du « Net a la chambre noire », viendront s’accrocher des prises de vue d’un photographe dont le travail est « exposé » sur Internet. Un choix, forcément subjectif, fait au fil de mes promenades au hasard de la grande galerie du World Wide Web. Mes « Petits plaisirs » photographiques.

 

Premier à venir : Joe Wigfall, street photographer.

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