Perdus en Irak

© Zoriah/www.zoriah.com « Un médecin militaire de l’armée américaine joue avec un chat perdu durant une patrouille dans Sadr City. »

© Zoriah/www.zoriah.com

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« Un médecin militaire de l’armée américaine joue avec un chat perdu durant une patrouille dans Sadr City. »

Une image, décalée, de la guerre en Irak provenant du blog sur le quotidien de ce conflit de Zoriah Miller. (Son blog, en anglais, est visible ici. Certaines images peuvent choquer.)

 

Le 26 juin, Zoriah Miller, photoreporter free-lance « embarqué » dans une unité de marines en Irak, arrive sur les lieux d’un attentat suicide à Anbar, dans la province de l’ouest de l’Irak, quelques minutes après qu’il ait eu lieu. L’attentat a fait plusieurs dizaines de victimes, dont des soldats américains. Zoriah Miller réalise des photos durant quelques minutes avant d’être éloigné par les militaires. Après des hésitations, il publie finalement ces images sur son blog (la page avec son récit est ici, le caractère extrêmement violent des prises de vue peut choquer) et, malgré les injonctions de l’armée, refuse de les retirer.
Son « accréditation » auprès des marines est immédiatement suspendue, et il est rapidement expulsé d’Irak. De plus, le corps des marines intente une action pour lui faire interdire tout travail avec l’armée américaine. (Un article de Thomas Hofnung paru dans Libération relate son exclusion, à lire ici)

 

Zoriah Miller est le dernier photographe embarqué en date à être exclu. Le New York Times rapporte que quatre l’ont été avant lui. Selon le quotidien américain, depuis 2003, l’armée exerce un contrôle croissant sur les images du conflit, rendant le travail des journalistes de plus en plus difficile. (L’article, qui comprend un diaporama esquissant le rôle des photos dans les pays où est intervenue l’armée des États-Unis depuis 1945, est à lire ici.)

 

La guerre en Irak mobilise 150 000 soldats américains, 4416 y ont laissé la vie. Selon les estimations,

entre 100 000 et 650 000 irakiens ont été tués. Actuellement, elle serait couverte par moins d’une dizaine de photographes.

(Photo : © Zoriah/www.zoriah.com)

 

 

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