La scène autour de l’arbre: les Etats provisoires du poème

La revue annuelle États provisoires du poème est un des multiples chemins qui mènent aux Lectures sous l’arbre organisées par Cheyne éditeur. Jusqu’à ce dimanche 24 août, la présence au Chambon-sur-Lignon de personnalités de la scène (Jean-Marie Lecoq, Cécile Falcon, Mariette Navarro, Jean-Pierre Jourdain...) aux côtés de poètes (Ito Naga pour le Japon en tant que pays invité, Valérie Rouzeau, Antoine Wauters, Mary-Laure Zoss...) témoigne de ce lien noué dès 1999 par l’éditeur de poésie et le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne.

La revue annuelle États provisoires du poème est un des multiples chemins qui mènent aux Lectures sous l’arbre organisées par Cheyne éditeur. Jusqu’à ce dimanche 24 août, la présence au Chambon-sur-Lignon de personnalités de la scène (Jean-Marie Lecoq, Cécile Falcon, Mariette Navarro, Jean-Pierre Jourdain...) aux côtés de poètes (Ito Naga pour le Japon en tant que pays invité, Valérie Rouzeau, Antoine Wauters, Mary-Laure Zoss...) témoigne de ce lien noué dès 1999 par l’éditeur de poésie et le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne.

L’étroite collaboration du poète et dramaturge Jean-Pierre Siméon et du metteur en scène Christian Schiaretti est à l’origine de cette coédition dûment estampillée TNP et Cheyne éditeur. Les États provisoires du poème n’ont pas vocation à publier des poèmes ou autres œuvres (il y a des exceptions) mais à solliciter autour d’un axe de réflexion un large panorama d’acteurs actuels des créations poétiques et théâtrales. Ainsi en 2010 le n°X de la revue a porté sur les rapports induits entre théâtre et poésie, mais chaque numéro de la revue est une adresse au public en termes d’échange, de transmission, à l’aune du TNP de Jean Vilar.

Dans le n°XI paru en 2011, s’entrecroisent les voix de Jacques Bonnaffé et Marie Cosnay, celles de Jean-Marie Barnaud, Hélène Cixous ou Jean-Pierre Verheggen au filtre d’une attention égale à la tradition et à la recherche (« Renaître, refaire, refonder ? »). Michel Deguy y délivre une surprenante « leçon de choses » qui a valeur de situation sur l’état de nos sociétés. Tout en montrant comme chose et objet s’interpénètrent dangereusement (du point de vue technologique), il file la métaphore rilkienne restituant au poème sa part, celle qui devrait être la sienne, car, écrit-il, « une chose est chose dans son monde ».

Et l’année suivante, le n°XII lie « le poète et la chose publique » dans une même préoccupation, en hommage en Jean Vilar qui, en 1956, s’enquérait d’un poète, « du poète » pour le TNP : « ... j’espère trouver le poète populaire et dru et violent que nous cherchons. Un poète et tout sera sauvé. Pour longtemps. » Se croisent dans ces pages David Dumortier, Marie Étienne, Robin Renucci, Charles Juliet (en un salut à Laurent Terzieff)... Oliver Barbarant en appelant pour sa part (sur Aragon) à une poésie qui, « sans rien perdre de ses pouvoirs, fait ce qu’elle dit au lieu de dire qu’elle fait ».

Dans son plus récent n°XIII, les États provisoires du poème ont célébré les cent ans de la naissance d’Aimé Césaire, parallèlement à la mise en scène de Schiaretti pour le TNP d’Une saison au Congo. « Que devons-nous à Aimé Césaire ? » Telle est la question que les revuistes ont lancée portée par le « vent des Caraïbes ». Mimi Barthélémy, Tanella Boni, Mariette Navarro, notamment, s’en sont saisies avec prestesse. Tout comme le poète guadeloupéen Daniel Maximin :

La voix n’a pas de nom
le nommé n’est pas l’être
l’être est une avancée
la voix dit son chemin

Cinéma, traductions, conférences, musique, lectures-spectacles, exposition, scènes... Les lectures sous l’arbre, qui comptent comme éditeur invité Philippe Picquier, se poursuivent jusqu’au dimanche 24 août, au Chambon-sur-Lignon, sur le Plateau Vivarais-Lignon (voir ici et ).

États provisoires du poème, une coédition Cheyne éditeur-Théâtre national populaire (voir ici).

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