Les iconophiles d'Edwarda

Tant qu'à faire une revue, toujours s'y prendre comme si c'était Byzance qu'on avait en tête. Moins les idolâtres de l'histoire qui, de toute façon, ne sont pas ceux qu'on croit.Pour saluer cette toute nouvelle venue parmi les revues, Edwarda, laissons sur le seuil, laissons mourir sur les lèvres tout Madame qu'il faudrait marquer d'un génitif, ou d'un géniteur, tout Monsieur ou Georges Bataille qui fût.

Tant qu'à faire une revue, toujours s'y prendre comme si c'était Byzance qu'on avait en tête. Moins les idolâtres de l'histoire qui, de toute façon, ne sont pas ceux qu'on croit.

Pour saluer cette toute nouvelle venue parmi les revues, Edwarda, laissons sur le seuil, laissons mourir sur les lèvres tout Madame qu'il faudrait marquer d'un génitif, ou d'un géniteur, tout Monsieur ou Georges Bataille qui fût.

Mais entrons, insinuons-nous dans ces rapports sans objet. La mise en perspective y incline. Ici tout est « phrases, images, sécrétions de l'éros ». Ouï-dire « d'étincelles de vie ». Icono-filles, donc.

À ce point, une petite précision quand même, de Marie-José Mondzain, sur la question de l'icône à Byzance, ce qu'on a appelé la crise de l'iconoclasme :

« Eikôn (icône) désigne une relation, eidôlon (idolâtre) désigne un objet. Et donc, les iconophiles ont pu dire aux iconoclastes : c'est vous qui en détruisant les icônes êtes idolâtres, puisque devant la fragilité et la semblance de l'icône, vous ne voyez que l'objet. »*

Maintenant qu'on se comprend, entre les objets, on peut regarder pour voir. On peut lire.

On peut être saisi à son tour par une Madeleine dénudée, repérer l'entrée des fantômes : jusqu'à ce que le sang ne fasse qu'un tour (de chant) devant cette efflorescence des sens.

Avec ce premier numéro de janvier-février 2010, la revue Edwarda s'offre une décennie de découvertes et de rencontres. Comme celle de Regina, par exemple, dans ce numéro, dont un subtil petit cahier intérieur restitue toute la fascination qu'elle exerce, « muette et opaque », comme un diamant entaille la matière de la vie.

56 pages superbement emboîtées dont nulle contribution ne sort intacte de tout regard. Au sommaire :

Mehdi Belhaj Kacem – Gilles Berquet – Claro – Ferdinand Gouzon – Philippe Grandrieux – Yannick Haenel – Isabelle Rabineau – Dominique Ristori – Jean-Jacques Schuhl – Betony Vernon – Olivier Zahm.

Edwarda, numéro janvier-février 2010, 10 € en librairie. Revue bimestrielle. Contacts rédaction : Sam Guelimi, John Jefferson Selve. Pour toutes informations : contact@edwarda.fr et abonnement@edwarda.fr

*Marie-José Mondzain, in Sens public

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.