Un orchestre de tango 100% féminin vient embaumer le Triton

Interview d’Andrea Marsili, pianiste, compositrice et directrice de l’orchestre les Fleurs Noires, en concert vendredi 14 mars au Triton

 © Mathie Malau © Mathie Malau
Interview d’Andrea Marsili, pianiste, compositrice et directrice de l’orchestre les Fleurs Noires, en concert vendredi 14 mars au Triton

 

Jimmy Vivante : Andrea, les Fleurs Noires est un orchestre de tango composé de 10 musiciennes françaises et argentines. Monter un groupe exclusivement féminin dans un monde aussi masculin que le tango, ça a dû faire sensation il y a dix ans ?

Andrea Marsili : Ce sont Veronica Votti et Luciana Jatuff qui ont créé l’orchestre en 2003 et effectivement, ça a fait sensation ! Elles voulaient faire revivre la mode du tango des années 1940, où beaucoup d’orchestres féminins se produisaient. C’est clair qu’au début des Fleurs Noires, le fait qu’on soit 10 musiciennes, ça a fait parler mais très vite, on a réussi à mettre en avant surtout notre couleur musicale, notre esthétique. Aujourd’hui, c’est avant tout ça qui nous caractérise et qui nous définit!

 

JV : Tu dis du répertoire des Fleurs Noires qu’il se compose de « créations qui prennent l'essence du tango pour la transformer en un langage actuel et offrir à l'orchestre une sonorité fondée sur l'authenticité de la tradition avec une touche résolument moderne ». C’est dans la lignée du tango contemporain d’un Juan-José Mosalini que tu souhaites t’inscrire ?

AM : Avant Piazzolla, les compositeurs mettaient leur technique, leur talent et leur virtuosité au service du tango. Depuis Astor Piazzolla, c’est de plus en plus le tango qu’on met au service de la composition personnelle. Bien sûr, il y a des courants, des styles, il y a Juan-José Mosalini qui a beaucoup apporté à l’idée de tango contemporain et beaucoup d’entre nous avons travaillé avec lui. Mais dans le groupe, on veut justement incarner autre chose, du tango contemporain oui, mais un tango surtout qui nous ressemble à nous. C’est pour ça qu’on joue des pièces spécialement écrites pour l’orchestre par des compositeurs contemporains comme moi ainsi que d'autres comme Eduardo Acuna et Gerardo Jerez le Cam.

 

JV : Depuis quelques années, la chanteuse Sandra Rumolino est souvent invitée sur vos concerts. Qu’est-ce que l’apport du chant a modifié dans l’orchestre, totalement instrumental à l’origine ?

AC : En fait, dès le commencement des Fleurs Noires, on a eu des chanteuses. On a fait le premier disque avec la chanteuse Debora Russ, que vous connaissez bien au Triton. Depuis plusieurs années, il y a aussi Sandra, avec qui on a fait notre deuxième disque et c’est vrai qu’elle fait de plus en plus partie du groupe. Pour nous, c’était très important qu’il y ait du chant dans nos créations parce que tout de même, on respecte la tradition, la culture tanguera, dans laquelle le tango chanté est aussi essentiel que la musique et la danse. En fin de compte, la voix fait partie aujourd’hui de l’identité de notre orchestre.

 

Le Triton

11 bis rue du Coq Français - 93260 Les Lilas

Métro Mairie des Lilas - 01 49 72 83 13 - www.letriton.com

 

Site des Fleurs Noires : www.fleursnoires.com 

Fleurs Noires - La espera (Andrea Marsili) © Buenos Aires sur Scène

 

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