Pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy

Les Non-invités de Mediapart, par François-Xavier Stanislas de X., collaborateur dans une société d'avocats d'affaires spécialisée dans les fusion-acquisitions sur les places de Paris, Londres et New-York.

Les Non-invités de Mediapart, par François-Xavier Stanislas de X., collaborateur dans une société d'avocats d'affaires spécialisée dans les fusion-acquisitions sur les places de Paris, Londres et New-York.

Je soutiens Nicolas Sarkozy, mais je tiens à garder l'anonymat, pour d'évidentes raisons de sécurité. Mes amis sauront toutefois me reconnaitre, nous sommes en nombre assez restreints pour nous identifier facilement. On parlait jadis de 200 familles...

Les raisons de mon soutien à Notre Président ne sont pas évidentes. C'est d'abord une question d'efficacité, le meilleur candidat pour nous serait évidement Jean-François Copé, membre de notre profession toujours en activité, qui a su brillament faire avaler par le Parlement UMP la défiscalisation des plus-values sur les opérations de fusion-acquisition (lien). Cette loi fondamentale nous a permis de nous enrichir sans commune mesure car plus rien de ne retient désormais nos cabinets d'audit qui peuvent dépecer et revendre les sociétés en morceaux, sans tenir compte le moins du monde des synergies industrielles à long terme : rentabilité optimale. Mais Jean-François est encore jeune, il ne sera notre candidat qu'en 2017.

Nicolas a l'avantage d'être déjà installé et d'avoir beaucoup fait pour préserver nos intérêts. Malgré ces discours, il n'a pris strictement aucune mesure pour limiter la financiarisation de l'économie. Mieux, son conseiller en économie est M. Pébereau, de la banque BNP-Paribas, l'un des banque d'affaires les plus actives. Les mesures prises après 2008 ont été simplement destinées à rassurer les populations, peu versées en droit économique, mais n'ont en fait conduit qu'à assurer l'impunité aux marchés.

Exemples de mesures pour lutter contre la financiarisation de l'économie : liste des paradis fiscaux. C'est bien. On ne les connaissait peut-être pas avant? Avant, nous on les connait. Et puis toutes les grandes banques françaises ont bien des succursales là-bas, alors on ne va quand même pas les fermer... c'est même dans Mariane, alors tout le monde est au courant...

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Autre exemple de mesure géniale : l'identification des clients bancaires. On a demandé aux banques de vérifier qui étaient leurs clients. Du coup, nombre d'entre eux ont été tenus de fournir des justificatifs de domicile, des photocopies de pièces d'identité... C'est là que c'est génial. Le pékin moyen se dit que si on lui demande tout ça, qu'est-ce que ce doit être pour les sociétés de transferts de titres basées au Lichstenstein... Pensez-vous! c'est comme vigie-pirate : ça n'empêche pas les attentats mais ça rassure les peuples. Imaginez que notre métier, à nous, les avocats d'affaires, c'est de faire en sorte que tout paraisse légal, alors des justificatifs de domicile, ça ne va pas nous empêcher de monter des holdings, mais ce qui compte, c'est que la population a cru qu'il se passait quelque chose.

Et puis la contre-partie de tout ça était plus que flamboyante. En échange de protestations de bonne foi, de la promesse que les banquiers continueraient à faire leur métier, prêter de l'argent, on a tout simplement effacé leur ardoise. On leur a prêté de quoi tout rembourser, sans même exiger une présence dans les conseils d'administration. Interdiction par l'Union Européenne de rentrer dans le capital des banques...

Le droit des affaires, c'est vraiment quelque chose d'incroyable. Et puis cela permet d'aller loin. Regardez notre confrère Christine Lagarde, qui travaillait dans un cabinet de Chicago, elle est devenue ministre de l'économie, elle a fait gagner des millions à Bernard Tapie et se retrouve aujourd'hui directrice du FMI. Avec Nicolas Sarkozy, malgré la crise, les perspectives pour notre profession restent vraiment attrayantes. Alors, chers collègues et amis, domestiques et valets, mobilisez-vous pour conserver votre emploi, et choisissez dès le premier tour le seul bulletin vraiment libéral : votez et faites voter Nicolas Sarkozy.

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