L'échec en France des Indignés

C'est un paradoxe, mais c'est ainsi.

Alors que le mouvement des Indignés tire son nom du petit opus de Stéphane Hessel (Indignez vous!), la France, loin d'être en pointe dans le mouvement devenu planétaire, reste nettement en retrait. Pas de manifestations importantes, pas d'occupations durables... on a bien constaté l'agitation habituelle des habituels agitateurs, gauchistes et squaters professionnels, mais rien de sérieux.

Pourquoi, donc, alors que Occupy Wall Street surprend le monde, que le M15 espagnol donne le la à des journées mondiales, que Londres a été secouée par des émeutes, que les Grecs sont en pleine révolte, que les grèves générales se succèdent, que l'Islande réinvente la politique, que l'effervescence démocratique a contaminé le monde arabe, pourquoi la France reste-t-elle si calme? Aurait-on perdu cette fougue, dans le pays de Gavroche, qui nous poussait, il y a peu de temps encore, à dresser des barricades dans Paris ou à brûler des supermarchés en banlieue?

La réponse est évidement non. Il n'y a qu'à voir le courage des joueurs de l'équipe de France de Rugby, la France reste combattive. Mais, alors que partout les peuples se révoltent, le peuple français, lui, a la chance d'avoir un bon maitre. Notre Leader Nicolas Sarkozy, Grand Timonier, manoeuvre notre pays dans la crise comme un courageux capitaine dans la tempête. Alors que la situation mondiale est catastrophique, il a su justement répartir les efforts grâce à ine politique fiscale en faveur de ceux qui perdent le plus d'argent : les riches.

Notre Président, a su également montrer l'hospitalité française, grâce à la chalereuse humanité qu'ont montré Besson, Hortefeux et aujourd'hui Guéant dans l'accueil des victimes des crises qui secouent aujourd'hui le monde. La France, terre d'asile, est aujourd'hui un refuge qui, sous l'égide des droits de l'Homme, peut être considéré comme la seconde patrie de tous les hommes libres.

Certes, il y a des efforts à faire, tout n'est pas parfait, malgré la géniale attention de Notre Président, mais les députés travaillent à maintenir des niches fiscales utiles, comme celle concernant les dons faits aux partis politiques, en particulier les micro-partis, mis en lumière dans l'affaire Bettencourt et fondement de notre démocratie moderne et capitaliste. Mais ce qui permet à tout un chacun d'accpeter les charges nouvelles avec courage, c'est la certitude d'une république irréprochable, quoi qu'en disent les suppôts d'infamie que sont les journaux aux méthodes des années 30 comme Mediapart, comme le disait avec beaucoup d'à propos le camarade Xavier Bertrand. Aucune histoire sérieuse ne vient entâcher la réputation du gouvernement de la République du Grand Président, seulement des rumeurs venues de Neuilly, de Libye, du Pakistan, d'Afrique, du Liban, d'Arabie... de simples rumeurs.

Et puis pour épauler notre puissant Chef, nous pouvons compter sur l'infatigable Fillon, fidèle à l'encolure souple, qui pousse la probité jusqu'à se préoccuper de son parachutage parisien après 2012, comme s'il n'était pas assuré de retrouver sa place après la réelection qui s'annonce triomphale de Notre Président. L'accueil taquin de la très compétante Rachida Dati est là pour lui rappeller qu'il ne doit pas pousser trop loin l'abnégation... nous comptons tout sur le prochain gouvernement (Fillon IX).

Et surtout, dans la crise actuelle, Notre Leader bénéficie d'une expertise à nulle autre pareille : François Baroin, loin de faire un caprice pour avoir ce ministère car toujours si humble, Eric Besson à l'économie numérique et à l'Industrie, un connaisseur du monde ouvrier dont il est issu en tant qu'ancien socialiste, Pierre Lellouche en charge du commerce extérieur, un diplomate tout en nuances, et Frédéric Lefebvre, star de ce gouvernement en charge des PME et du tourisme mais aussi de la consommation. D'ailleurs si la consommation va si bien en France, c'est bien grâce à Frédéric Lefebvre : hausse de la consommation d'alcool, d'anti-dépresseurs, de tabac, de visites médiacles, etc.

La France va bien, donc, grâce à Notre Président. N'en déplaise à Hessel, Plenel et consorts gauchistes, l'UMP reste au centre du jeu politique, pas besoin de primaires puisque c'est par acclamation, comme au temps de nos ancêtres les Francs, que le chef a été désigné. Nicolas Sarkozy réserve la France de tout motif d'indignation : les autres peuples s'indignent, ils demandent la même chose, sans doute.

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