A Fontenay-aux-Roses, le maire vote Aubry et Hollande l'emporte

DSC_0139-300x200.jpg
Dépouillement dans le bureau du Parc à Fontenay-aux-Roses

DSC_0145-1024x845.jpg
Dans les 146 bureaux des Hauts-de-Seine le résultat final est de 55,85% pour François Hollande, et 44, 14% pour Martine Aubry.

Une des premières tables à finir affiche un résultat de 44 voix pour Martine Aubry, contre 56 pour François Hollande. « À mon avis, c’est ce qu’on va avoir au niveau national », lance un des militants présents.

Une fois tous les bulletins dépouillés, tout est centralisé à la table de la présidente de bureau, Jacqueline Segré, première adjointe à la Mairie de Fontenay-aux-Roses. La participation est en hausse.

« Alors, nous avons donc… 302 pour Aubry, 324 pour Hollande, et un nul… », déclare-t-elle.

Il est déjà 20 heures passé, François Hollande est annoncé en tête. Une fois la paperasse remplie et la procédure accomplie, la présidente de bureau prend la direction de la fédération du PS des Hauts-de-Seine, pour rendre bulletins d’émargements, procès-verbal, et résultats - qu’elle a déjà transmis électroniquement.

Pascal Buchet, lui, s’éclipse pour se rendre rue de Solferino. « Il va voir Martine… », glisse Jacqueline Segré avec un sourire forcé.

 

« Martine est sonnée, c’est normal »

Dans la file d’attente, la première adjointe, qui a fait campagne pour Martine Aubry, attend patiemment. Elle reçoit des dizaines de textos d’autres membres du PS et d'autres Aubrystes. «Je suis militante au PS depuis 32 ans, et élue depuis 2001. En tant qu'élue je continue le militantisme. Je trouve cela normal», explique-t-elle.

Au même moment, rue de Solferino, Martine Aubry est en train de reconnaître sa défaite.

« Bien sûr je suis déçue… Selon moi, François Hollande n’était pas le meilleur candidat. Elle a récupéré un Parti socialiste en très mauvais état en tant que première secrétaire et a fait un travail admirable », confie-t-elle. Faire campagne est un engagement très prenant. Alors, forcément, la défaite du candidat soutenu peut être vécue comme un échec personnel.

Dans la grande salle de la fédération, on donne ses cartons, ses feuilles d’émargements... Un huissier est là pour tout vérifier. Dehors des dizaines de présidents de bureaux attendent leur tour.

Quand on lui demande si Martine Aubry ferait un bon Premier ministre, elle paraît un peu agacée : « La question ne se pose pas. Ce ne sera sûrement pas le cas. Et puis il faut penser d’abord à la victoire de la gauche. » Dans ses silences, entre deux textos, on sent maintenant déception et amertume.

« Martine est sonnée, c’est normal. Mais je n’ai aucun doute sur la suite. Ce sont deux personnes dotées d’une grande expérience et intelligence politique. Le mot de rassemblement est à retenir ce soir. Moi, je ferai campagne pour Hollande. Ces primaires sont un succès. L’engouement qu’on a ressenti montre qu’il y a des Français qui croient au changement. Les attentes sont fortes, il ne faudra pas les décevoir », conclut-elle.

Anto Filippi

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.