Procrastiner sans culpabilité

 

Glander, ne rien faire, procrastiner sans culpabiliser.

Ne pas se demander s'il faut d'abord faire la vaisselle ou passer la serpillière. Boire son café, sur la terrasse ou devant la fenêtre. Rêver. Décider que l'on rangera les papiers de la banque demain, ou après-demain. Le chèque du gaz attendra. 

Prendre du temps pour soi. Vraiment pour soi. Cuisiner si l'on en a envie, pour son propre plaisir. Lire un livre au soleil, un de ceux qui attendent dans la bibliothèque, ou un de ceux qu'on a déjà lus. Pour le plaisir de redécouvrir des mots, quand on connait déjà l'histoire.

Décider de s'épiler, longuement, langoureusement. Se passer de l'huile parfumée sur tout le corps, sans en oublier un centimètre carré. Parce qu'on a le temps. Et qu'on l'a décidé.

Regarder les roses pousser. Les feuilles de l'acacia tomber. Prendre une photo du chat qui s'étire, et l'imiter, sa tasse de café fumante posée sur la table. 

Sourire. Parce qu'une araignée a trouvé son chemin sur le mur, et qu'hier on a "oublié" d'enlever sa toile. 

Rester en pyjama, ou s'habiller comme une princesse. Rester en paréo, parce qu'il fait encore chaud. 

Se délecter d'une grosse cuillerée de la confiture de raisins maison qui est encore tiède. Se lécher les babines, parce que ça colle. Piquer un fou-rire à cause du regard curieux du chat qui voudrait bien aussi goûter la confiture. Le laisser faire, c'est pas grave. Même s'il utilise la cuillère que l'on tient encore à la main.

Se rendormir, blottie dans le fauteuil de Pupuce, qui attend patiemment que vous le lui rendiez. Se dire qu'on a la vie devant soi. Que demain est un autre jour. 

Aucune culpabilité, juste du plaisir. 

Pupuce dans son fauteuil © elisa Pupuce dans son fauteuil © elisa

Le fauteuil de Pupuce. 

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