Socialisme hors-les-murs: édition mode d'emploi

Dans un texte publié le 21 juillet (« PS. “La nature a horreur du vide” »), je proposais que Mediapart puisse « accueillir des contributions, qu’on imaginerait limitées à une et une seule par auteur, et qui émanerait non seulement de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs, bref des Assises du socialisme hors-les-murs.

Dans un texte publié le 21 juillet (« PS. “La nature a horreur du vide” »), je proposais que Mediapart puisse « accueillir des contributions, qu’on imaginerait limitées à une et une seule par auteur, et qui émanerait non seulement de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs, bref des Assises du socialisme hors-les-murs. Le temps de l’été est propice à la réflexion, à l’écriture, à la lecture, au partage.C’est la meilleure façon je crois de conjurer le vide, la peur qu’il inspire et les erreurs auxquels il mène. »

Le projet a été repris le jour même, à la fois par des journalistes de Mediapart qui vont solliciter des signatures et par des lecteurs du journal prêts à participer à l’aventure, l’idée étant d’aller à la « recherche de la base et du sommet » - pour paraphraser le titre d’un recueil de poèmes de René Char (1955), de la théorie à la pratique, des connus aux inconnus, des lieux proche au vaste monde, du temps perdu au temps retrouvé. Une édition a été immédiatement ouverte par Vincent Truffy sur Mediapart, à l'adresse http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/socialisme-hors-les-murs, et un autre journaliste, Stéphane Alliès, s’est chargé de coordonner avec moi la publication des textes qui doit intervenir durant tout le mois d’août (et pourquoi pas en septembre si le succès est au rendez-vous), à raison d’une contribution par jour.

La liberté d’écriture et de pensée est bien sûr de règle. Les contraintes sont légères. Que les textes ne soient pas trop longs (maximum 20 000 signes, c'est déjà bien), qu’ils soient accessibles, sincères, graves, bien écrits. Qu’on puisse, longtemps après, revendiquer cette écriture et la fierté de ce moment estival. Il faut imaginer que ces textes vont durer, qu’on les retrouvera peut-être en libraire dès cet automne, qu’ils deviendront des références pour l’action et la réflexion futures.Les textes peuvent bien sûr se répondre, et ils le feront certainement. Mais ils doivent aussi se suffire à eux-mêmes et pouvoir être compris sans nécessairement revenir à la contribution initiale.

Pour ceux qui craignent de signer avec leur propre nom (tout le monde n'est pas protégé dans sa profession ou dans sa vie personnelle), merci de vous décrire en quelques mots simples. Il est conseillé en revanche de ne pas se faire le porte-parole de tel ou telle responsable du parti. C’est souvent contre-productif pour le leader qui est ainsi soutenu, et de toute manière « Socialisme hors-les-murs » n’est pas une réunion politique ou une séance de congrès. Le but est bien davantage de réfléchir à l’avenir du socialisme et de la gauche (qui ne se confondent pas, nous en sommes conscients), et d’abord en France mais sans que la question européenne, la question de l’étranger et du monde ne soient écartées : elles appartiennent pleinement au débat, à la réflexion sur l’identité de la gauche.

L’édition ouvrira officiellement le 1er août. D’ici cette date, adressez-nous votre texte (avec son titre) ou informez-nous de votre intention d’écrire (en donnant une date d’envoi de votre contribution) à Stéphane Alliès et Vincent Duclert : stephane.allies@mediapart.fr et vincent.duclert@wanadoo.fr Après cette date, continuez bien sûr.

Toutes proportions gardées, il existe un précédent à cette expérience aussi bien intellectuelle que journalistique lorsqu’à l’été 1898 Jean Jaurès publia dans La Petite République, à raison d’un article ou presque par jour, les chapitres qui allaient former quelques semaines plus tard l’ouvrage Les Preuves par lequel il démontra à la fois la conspiration ayant visé le capitaine Dreyfus et le devoir de solidarité des socialistes. Ce faisant, il faisait du socialisme un principe décisif de démocratisation de la République.

Pour redonner du sens à la gauche (et/ou "sauver le soldat PS" pour ceux et celles plus attaché-e-s que d'autres au parti), le temps de l’été est compté.

Vincent Duclert

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