Médias et démocratie : une place pour le citoyen !

L'information est une des clefs de l’exercice de la citoyenneté. Aujourd’hui, cette information est omniprésente : télés, radios, journaux payants ou gratuits, internet…..Nous sommes tous pris dans un tsunami de messages que nous n’avons pas le temps de hiérarchiser ou de vérifier. Pour autant en cette période de doutes et de turbulences, sommes-nous davantage éclairés sur les enjeux du monde qui nous entoure ? Malheureusement la réponse s’impose d’elle-même.

 

Une crise de confiance s’est installée entre les médias, les journalistes et les citoyens qui l’expriment sondages après sondages.. Enfin, la nouvelle ère médiatique dans laquelle nous venons d’entrer, s'accompagne d’une recherche systématique de l’événementiel, d’un souci omniprésent de l’audimat et de la rentabilité. Cette concurrence se développe au mépris de la pluralité et du contradictoire.


Il ne sert toutefois à rien de faire, une fois de plus, le procès des journalistes. La complexification de leur métier est un des éléments de leurs difficultés, son économie et la pression technique un autre. Nombre d'entre eux sont maintenant convaincus qu'en dehors d’une relation plus étroite avec les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs…il n’y aura point de salut. Elle est à trouver dans chaque médias et à travers des initiatives comme « les Entretiens de l’information », les Assises du journalisme……ou dans les espaces de dialogue qu’entend créer l’association « Information et citoyenneté » ( à l’initiative des Ceméa, des Francas et de la Ligue de l’enseignement)
De telles rencontres ouvrent le débat public sur les conditions de traitement de l’information ou les risques que les concentrations abusives ou les mélanges d’intérêts entre les marchands d’armes ou « les bétonneurs » et les éditeurs de presse font courir au pluralisme de l’information. C’est dans ce cadre aussi qu’il est important de reformuler l’importance et la singularité d’un service public qui doit avoir les moyens de fonctionner et d’afficher sa différence. Il était nécessaire d’augmenter la redevance, mais il faut au-delà assurer un financement nettement plus important et pérenne du service public de l’information et de la communication. Cela vaut évidemment pour la création et les industries de programme, qui sans soutien public, vouent la télévision à une éternelle soumission à l’audience, aux standards et aux moyennes. Sur ce point les récentes décisions concernant l’avenir de la télévision publique ne nous ont pas rassurés.


Enfin nous savons la place qu’a prise, dans les discours et heureusement dans les faits « la société civile » organisée. En particulier la vie associative. C’est une des formes constitutives de la démocratie et une des principales modalités d'exercice de la citoyenneté. Les associations, surtout si elles se rangent dans « la famille de l’éducation populaire » savent que l’information et la communication sont l'un des premiers défis qu'elle doivent relever. Nous qui avons choisi de nous interroger sur « comment faire société ? », notre question de congrès, savons bien l'enjeu qu'il y a à mieux connaître les évolutions de nos sociétés et à mieux comprendre le monde qui nous entoure. Le sens critique et l'intelligence collective sont les meilleurs remparts au discours des démagogues, experts dans l’art de séduire par les simplifications les plus abusives.


Notre projet est effectivement de continuer à éveiller, nourrir, reconnaître et valoriser le temps d’intelligence disponible en tout humain pour qu’il assure son émancipation avec celle de tous les autres humains. Partageurs de culture, entremetteurs de fraternité défricheurs permanents et infatigables de la citoyenneté…

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