Le quinquennat du mépris

Bachelot persiste. Elle est contre l'accompagnement sexuel et elle fait le tour des médias pour le faire savoir. Il y a une quinzaine de jours, elle était sur Vivre FM. Où elle affirmait que l'accompagnement sexuel serait « un appel à la prostitution » ! Rien que ça. Les « handicapés » se lancent donc dans le proxénétisme. Nous incitons à la débauche. Vraiment n'importe quoi, Madame la ministre. Ça ne s'arrange pas votre démagogie intégriste. Car, dans la foulée, début de semaine dernière, vous avez reçu le même jour Gisèle Halimi et Maudy Piot (présidente de l'association Femme pour Agir, Femme pour le Dire, toutes deux féministes et composantes à ce projet. Mais toujours point de défenseur de celui-ci n'a été invité à la rencontrer dans son bureau. On appelle cela de la démocratie totalitaire. C'est cela votre sens du dialogue ? C'est cela votre sens de la fonction ministérielle : faire du lobbying pour les opposants de l'accompagnement sexuel et mettre la pression sur vos collègues parlementaires ? C'est pitoyable et minable. C'est ainsi que vous concevez votre haute fonction ? Votre comportement est purement et simplement anticonstitutionnel et méprisant à l'encontre des Français qui vous ont permis d'être à ce poste !Mais c'est dans l'air du temps, n'est-ce pas Mme la ministre ? Vous au moins, vous n'avez pas encore été soupçonnés de profiter de la générosité des dictateurs. Vous au moins vous volez de vos propres ailes pour l'instant, si j'ose dire. De toute façon, des bourdes incommensurables, des casseroles individuelles, vous en traînez suffisamment. C'est sympa d'en laisser un peu aux autres membres du gouvernement.Mais à ce niveau de pouvoir, on a l'amoralité que l'on peut…Prenons, au hasard, une autre femme digne de son rang, dans ce gouvernement : Michèle Alliot-Marie ! Être con (plus exactement conne) à ce point-là et à ce niveau de pouvoir et de responsabilité, c'est gravissime et scandaleux. Vous n'êtes pas payés pour être parfaits, Mesdames et Messieurs de la Haute, mais pour être exemplaires ! Or, même un enfant de trois ans mentirait mieux que Michèle Alliot-Marie. Comment peut-on s'enfoncer à ce point dans un mensonge aussi nul quand on connaît les capacités des médias à faire jaillir la vérité à un moment ou à un autre ? C'est pire que de la bêtise ! Et en plus, ne pas avoir le courage et l'honnêteté de démissionner, c'est du mépris à l'égard des Français et de la France ! Vous êtes indigne d'occuper la fonction de ministre des Affaires étrangères. C'est un citoyen en colère qui vous le dit, car j'ai honte d'être Français face à un tel outrage à votre pays. Parce que, non contente de profiter des largesses d'un dictateur et d'une dictature, vous alliez lui offrir du soutien pour réprimer la révolution en marche ! Cela dit, vous avez une excuse pour avoir cédé à la tentation : vous n'avez pas les moyens de vous offrir des vacances et vous en aviez sacrément besoin, c'est tellement pauvre et exploité un ministre dans ce pays, en plus vous n'avez que deux salaires de ministre dans votre famille, une bagatelle, une misère. Un conseil : pressurez encore un peu plus les plus pauvres, les plus démunis, les plus fragiles et les Français moyens, ça vous permettra de vous offrir un voyage sur la Lune !Et ce n'est pas fini…Fillon, votre cher patron, qui sentait le couperet s'approcher, s'est empressé d'annoncer, il n'est jamais trop tard pour se protéger in extremis, qu'il a profité en famille des largesses de Moubarak à Noël ! Pourquoi se gêner effectivement, il est pas plus riche que sa ministre finalement ? Certes, il aurait pu le dire plus tôt mais il a préféré attendre de voir comment le vent allait tourner, on comprend. Malheureusement, le vent tourne à la tempête. Ça sent le roussi. Il est donc urgent de désamorcer la grenade dégoupillée. Pour l'éthique et la crédibilité, on repassera… Et sa défense est digne d'un gamin : il a respecté toutes les règles pour un voyage privé à l'étranger et, surtout, d'autres avant que lui, présidents de la République ou ministres, on fait pareil que lui. Na !Ça ne sent pas bon du tout même, dans ce gouvernement.Hortefeux, ce cher raciste, qui est en sursis car le tribunal s'est estimé incompétent pour juger son atteinte à la présomption d'innocence. Et il fanfaronne. Et, bien évidemment, comme MAM, il reste au pouvoir. Lui également, comme Serge Milano, ancien conseiller technique de M. Mattéi puis de Mme Boisseau et de M. Bas, et aussi directeur de cabinet de Mme Montchamp, entre 2002 et 2008, pourrait dire : « La loi, c'est moi ! » Au mépris total de la loi, bien sûr. Puisqu'apparemment Brice Hortefeux est au-dessus de la loi, protégé par son mentor tout-puissant.D'ailleurs, Sarkozy lui-même qui s'est invité à la fête (il n'allait quand même pas ne pas y participer) en s'embourbant dans le drame de Pornic : « Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. » La faute, la très grossière faute c'est lui qui l'a commise, en bafouant la présomption d'innocence. Ce qui est une pratique décidément courante sous l'air Sarkozy mais gravissime de la part du président de la République, censé être garant du respect de la loi. Mais Sarkozy ne s'en soucie guère, la démagogie électoraliste n'a pas de prix ni de limite, avec lui. Au mépris de la justice et de sa fonction suprême. Une fonction qu'il n'a cessé de piétiner depuis son élection. Donnant l'exemple à ses ministres. Sur France Info, Michel Mercier, à essayer maladroitement de le défendre, confondant de soi-disant questions posées par le président avec des affirmations lapidaires.Il nous a quand même annoncé une bonne nouvelle aujourd'hui, le président : dorénavant et désormais, les ministres sont condamnés à privilégier la France pour leurs vacances. Quelle punition ! Presque une assignation à domicile (afin de voyager à l'étranger, il leur faut désormais avoir l'autorisation du « conseiller d'insertion suprême » de l'Élysée, car faut quand même remettre de l'ordre dans ce bordel !) pour ces nantis peu soucieux des droits de l'homme quand il s'agit de leur confort personnel… Il est vrai qu'une invitation, même d'un dictateur, ne se refuse pas, c'est une question de politesse, rien de plus. À vomir, vous ne trouvez pas ? Moi si.De surcroît, depuis 2007, il y a tellement peu de vision politique, tellement peu de sensibilité politique, que la politique étrangère n'a cessé de se décrédibiliser hors de nos frontières. Et que la politique sociale ne cesse de se déliter et d'être démantelée. C'est à une politique à la machette et à la serpe que nous assistons, médusés et indolents. À une déforestation de notre tissu social, de nos valeurs. Nous sommes englués dans une gouvernance de l'incompétence.Ce quinquennat est démocratiquement et éthiquement corrompu.Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne vole vraiment pas très bas depuis 2007, si je puis me permettre.Il y a 8 millions de Français pauvres, 8 millions de personnes délaissées, méprisées, marginalisées dans une démocratie totalitaire et amorale. Et les inégalités continuent à se creuser. Les riches continuent à s'enrichir de plus en plus et les pauvres à être de plus en plus appauvri par un système complètement fou assoiffé d'argent et de pouvoir.On ne peut donc espérer que mieux au stade où nous en sommes.Il paraît qu'Anne Sinclair est contre un second mandat à la FMI pour son cher Dominique…Pauvres gens, pauvres Françaises et Français, citoyennes et citoyens spoliés et trompés, réjouissez-vous, le messie va peut-être venir parmi nous pour nous prêcher la bonne parole, nous offrir un vrai projet pour la France, nous faire des promesses égalitaires (et les tenir, évidemment), nous redonner de l'espoir, tourner la page de cinq ans de mépris, remettre de l'ordre dans une France qui marche sur la tête et nous consoler de cinq années de politique du riche pour les riches. Peut-être ? Peut-être pas. Qui sait, ce messie-là sera-t-il tout aussi méprisant à sa manière que le potentat actuel ?Mais nous ne perdons rien à essayer. Qu'en pensez-vous ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.