C'est la crise ! Pour qui ?

Cette année le père fouettard porte très bien son prénom : Nicolas (Sarkostique Ier). Et on ne peut pas dire qu'on ne l'a pas cherché, ce fouettard-là.Cette année le père fouettard porte très bien son prénom : Nicolas (Sarkostique Ier). Et on ne peut pas dire qu'on ne l'a pas cherché, ce fouettard-là. Durant ce quinquennat s'il y a un rôle qu'il a tenu à la perfection, c'est bien celui-là. Les caisses de l'État sont vides, archivides, et nous sommes la consternation politique de l'année, la risée et l'affliction diplomatiques. Après, entre autres et au hasard, la Tunisie (MAM chez Ben Ali), la Libye (Kadhafi chez Sarkozy), l'Europe de Merkozy, voici le père fouettard en Turquie ! Avec Sarko, ce qui est bien, c'est qu'il y en a pour tout le monde. Il a une qualité extrêmement rare, cet homme-là : distribuer sans compter. Du fric aux friqués et des leçons de morale à la terre entière ! Noël avec Nicolas, ce sont les claques à tours de bras et avec un angélisme d'une roublardise assez estomaquante par moment. Il nous aura tout fait cette année notre « petit Bush » national.Vous savez ce que je lui souhaite à notre cher Président ? De paraître dans le Guinness des records. Bien sûr, les siens, il n'y a pas vraiment de quoi en être fier. Mais quand même, ce sont des records. Il vaut mieux être parfois le roi des c… que rien du tout !Vous me direz il est entouré d'une telle cour « d'intellectuels » bas du plafond que c'est normal. Il est pollué par l'air ambiant. Par une clique de donneurs de leçons à la française à la morale aussi étique qu'étriquée. Je dis qu'il est pollué mais peut-être que c'est lui qui a réussi à polluer sa majorité ? Ce n'est vraiment pas exclu, car il sait manipuler notre Bonaparte collectionneur de Bérézina.Mais là, elle a fait fort notre majorité sarkozyste. Faire la leçon aux Turcs, quelle outrecuidance ! Alors que nous sommes loin, dans notre beau pays de cocagne qui lave encore plus blanc qu'OMO, d'être des foudres de probité ! L'Indochine, l'Algérie, nos anciennes colonies africaines, tous ces soldats coloniaux, au mieux morts pour la France, au pire, crevés de misère en guise de reconnaissance du colonisateur, etc., etc.Il est des jours où c'est dur d'être Français, de se dire Français, sans une gêne certaine. Moi, Français ? Non, moi Européen ! Ou à la rigueur martien…Sarkozy et sa majorité arrogante, ou l'art de se tirer une balle dans le pied. Politique, en France, rime depuis quelques années avec ridicule et pitoyable. Autant qu'ils se tirent une balle dans la tête, ça nous éviterait, à nous, Français ayant certaines valeurs, des prises de tête. Laissons les Turcs régler les heures sombres et peu glorieuses de leur histoire, et occupons-nous de balayer devant notre porte, Monsieur le président et Messieurs les élus d’une droite vraiment trop extrême pour être honnête.Et tout ça pourquoi ? Pour des calculs électoralistes ! Une loterie qui pourrait se terminer comme une roulette russe ! Un jeu auquel s'amuse peut-être en ce moment son cher ami Poutine ? Trop de démagogie risque de tuer cette démagogie, Mesdames et Messieurs assoiffés de pouvoir… Mais vous êtes tellement sûrs de vous-mêmes…Le seul, au gouvernement, à sortir avec les honneurs de ce panier de crabes, c'est Alain Juppé. Il est vrai qu'il est un des rares à droite à avoir une réelle intelligence politique, quelles que soient les erreurs qu'il a pu commettre, c'est le seul, d'après moi, à avoir une authentique stature politique. C'est bien pour cela que Nicolas Sarkozy s'en accommode. Il a besoin de lui. Mais attention, derrière pratiquement chaque politique, il y a un Iznogoud qui se cache… Il est bien placé pour le savoir notre père fouettard… Il n'empêche, attention au retour de bâton, très cher Nicolas.Par contre, j'aurais espéré beaucoup plus de réactions des rivaux de notre ex-futur-président. Trois fois rien, j'ai entendu et lu trois fois rien (mais comme je suis miro). Et encore en me cassant les yeux dans les journaux.Je ne sais pas pour vous, mais ce n'est pas ma France, celle que nous proposent Sarkozy et une certaine droite. De moins en moins. Ce n'est pas non plus ma vision de l'humanité et de la solidarité, de la tolérance et de l'indépendance. Ma France a été saccagée pendant un quinquennat à oublier très vite. Le pire de la Ve République. Mais sommes-nous encore dans une république ? Bananière, vous avez dit ? Certes, certes… Nous sommes tombés bien bas, mes amis. Mais nous nous relèverons. Comme le coq français sur son fumier… Et quel fumier, mes aïeux ! Jamais vu ça de mémoire d'enfant de la Ve République.Et pendant ce temps, on nous parle de crise. On nous rebat les oreilles avec la crise. Mais la crise pour qui ? Ou à qui ? Car les restaurants sont bondés pendant ces fêtes de fin d'année. Les supermarchés ont fonctionné à plein, les magasins ont été envahis (l'autre jour, à la Fnac de Strasbourg, c'était la cohue). Et combien de chômeurs qui, comme certains que je connais, ont décidé « d'en profiter », de leur allocation chômage (il est vrai quelque peu rondelette) ? En fait, la misère croît en France indéniablement, mais ce que je trouve terrible c'est qu'on ne la voit pas. Tout ce qu'on voit c'est une certaine opulence. La misère se cantonne dans ses murs lépreux. C'est affolant. La France du haut et la France du bas, c'est désormais une réalité, ce n'est plus de la science-fiction. Et, finalement, c'est cela qui devrait commencer à nous angoisser. Bien plus que tous les effets de manche, les provocations politiciennes et la bêtise concitoyenne.En tout cas, il n'y a aucun risque à parier que 2012 sera gratinée en France. D'ailleurs, impossible de se reposer même pendant la trêve de Noël.
Et désolé pour cette petite colère de fin d'année. C'est pour mieux commencer la prochaine (j'espère)…

P.S. : en cadeau pour cette nouvelle année, voici des photos de David Steinberg. Elles vont réjouir les esprits ouverts et mettre une pierre de plus dans le jardin des esprits intolérants : http://www.nearbycafe.com/loveandlust/steinberg/photo/disability.html. Ces superbes photos en noir et blanc vont séduire, interpeller, déranger, gêner, mais elles ne laisseront pas indifférent. Elles feront réfléchir probablement. Et aideront, je l'espère, certains regards à se dessiller. Le plus drôle, c'est que ce lien m'a été envoyé par une personne « handicapée » japonaise par le biais de Facebook, dont je suis loin d'être un assidu. Les voies du plaisir sont impénétrables et planétaires n'en déplaisent à certains et certaines…

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