Janeiro sur la patate!

En foot, seul le résultat compte, hélas. Et le fantastique match des petits Fennecs algériens hier n’enlève rien à ce constat implacable : l’Algérie est éliminée du Mondial, qu’elle a entamé sans jouer face aux Belges, pour finir en faisant douter le favori allemand (bon, favori en second, juste derrière le Brésil), pendant 120 minutes.

En foot, seul le résultat compte, hélas. Et le fantastique match des petits Fennecs algériens hier n’enlève rien à ce constat implacable : l’Algérie est éliminée du Mondial, qu’elle a entamé sans jouer face aux Belges, pour finir en faisant douter le favori allemand (bon, favori en second, juste derrière le Brésil), pendant 120 minutes.

La faute à un incroyable Neuer, sans doute le meilleur gardien du monde depuis le déclin relatif du Turinois Buffon, et qui sauva maintes fois son équipe grâce à des sorties de haut vol, et notamment cette merveilleuse anticipation à 25 mètres de son but, qui annihila l’une des plus grosses occasions algérienne :

Neuer saves out of his area as Olly Kahn in World Cup 2002 © Povero Silvio

La Coupe du Monde, comme la Ligue des champions et les matchs à élimination directe des grandes compétitions internationales, sont fabuleux pour ça, parce que les équipes sont contraintes d’inventer quelque chose pour passer au tour suivant, même lorsque celle d’en face est supposée plus faible. Le but allemand de Schürrle témoigne de cette créativité et du nécessaire dépassement de soi.

Toute en panache, la performance des Fennecs contraste avec celle de l’équipe de France qui s’est qualifié, elle, en affichant un collectif pitoyable pendant 60 minutes. En défendant très (trop) bas, pour éviter de s’exposer aux contres des Nigérians, les Bleus ont laissé de côté tout ce que l’on avait aimé depuis le match de l’Ukraine : une défense rigoureuse, un milieu libéré par les décalages et le surnombre constamment apporté sur les ailes par les latéraux, la vitesse d’exécution des attaquants… Hier, avant l’entrée de Griezmann et en dehors d’un exploit individuel de Pogba, il n’y eut rien de tout cela.

L'équipe se traînait et avait perdu son équilibre. Une (pâle) copie de l’Italie de Prandelli, sortie de la compétition un peu par malchance, un peu pour avoir mis de côté sa nouvelle philosophie de jeu, basée sur la possession, les passes courtes et la recherche systématique de verticalité grâce aux artistes Pirlo et Verratti.  

Hier, pendant ce France/Nigéria, ce fut finalement l’arbitre qui se montra le plus créatif. Un pénalty oublié (Evra), un but sur hors-jeu chanceux (quand c’est limite-limite comme ça, on ne loue pas le travail tactique, on se met à prier) et une grosse faute (Matuidi, pauvre Matuidi, si loin de son niveau hier soir) qui méritait une expulsion… Une caricature de faillite arbitrale, à notre avantage. La presse spécialisée n’en dira donc pas un mot.

Ce mardi, L’Equipe accorde même 6 sur 10 à un Evra dépassé, constamment dépassé par son adversaire direct, défaillant au marquage, incapable de fermer son couloir, et contraint par son niveau physique de rester proche de l’axe gauche d’une défense par ailleurs très faible à la relance.

A l’image son latéral gauche, l’Equipe de France a fourni pendant 60 minutes la pire prestation depuis le match aller en Ukraine lors du barrage. Erreurs d’arbitrages, manque d’envie, fautes techniques d’un Giroud limité, fatigue physique et joueurs dépassés… C’est la mauvaise équipe, la France plutôt que l’Algérie, qui s’est qualifiée hier soir. Espérons que la France s’inspirera des Fennecs pour bousculer ces Allemands plutôt friables, pour une revanche de 1982. Que le temps va paraître long d’ici vendredi.

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