La Route du Rock fête sa 20e édition

A Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), la Route du Rock, «le plus petit des grands festivals», célèbre ce week-end sa vingtième édition. Avec une épée de Damoclès toujours perchée au-dessus de sa tête: les finances.

Le 13 août, lors du concert de Yann Tiersen. © M. Turchi Le 13 août, lors du concert de Yann Tiersen. © M. Turchi

A Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), la Route du Rock, «le plus petit des grands festivals», célèbre ce week-end sa vingtième édition. Avec une épée de Damoclès toujours perchée au-dessus de sa tête: les finances.

L'année dernière, François Floret, le directeur de la Route du rock (RDR), promettait «une grosse surprise» pour 2010 (voir notre reportage). Un an après, croisé au milieu des festivaliers à l'heure de la première merguez frites de la soirée, il reconnaît que «c'était un peu risqué d'annoncer ça». Pas d'Arcade Fire comme il en avait rêvé. Les Canadiens ont préféré le mastodonte parisien Rock en Seine. «Mais on a essayé d'inventer des choses, avec un certain esprit qui est en train de se créer», dit Floret.

L'esprit de la Route? Soigner son statut de «plus petit des grands festivals» - ilaime le rappeller chaque année. Proposer une programmation pointue, originale et «sans concession». Mêler grands noms et jeunes talents. Tout en bénéficiant d'une notoriété nationale.

Faute d'une grosse surprise, la Route a donc cherché à en créer «des petites» pour cette vingtième édition (19 bougies, les 20 ans seront célébrés lors de l'édition hivernale de février 2011). Vendredi, c'était d'abord un «cadeau» de Yann Tiersen, son nouvel opus, Dust Lane, présenté sur scène avec une formation XXL de 15 musiciens. Samedi, ce sera l'imposante tête d'affiche trip hop, Massive Attack. Dimanche, Flaming Lips amèneront feu d'artifice et ballon géant tandis que The National reviendra à Saint Malo, son statut "découverte" en moins et quelques albums en plus. Quelques innovations, enfin: des sets entre deux concerts au milieu de la foule, depuis la tour des balances. Des coupes de Champagne «à prix raisonnable» (5 euros) pour le public.

Ce qui ne change pas, par contre, c'est le paradoxe dans lequel la Route est enfermée : incarner LE festival rock indépendant en France et lutter pour sa survie financière ; bénéficier d'une large couverture médiatique et voir sa fréquentation décliner (baisse de 10% de sa fréquentation en 2009).

«Le site est très beau, mais il est vide. Il faut la moitié du budget pour l'équiper. (Ndlr : 540.000 euros sur un budget d'1,2 million)», nous explique François Floret. Déjà débiteur de quelques 100.000 euros en 2009, la RDR a cette année perdu 20% de son financement public (environ 15.000 euros), crise oblige. «27% de notre financement provient de l'Etat (le ministère de la culture, l'agglo et la ville de Saint Malo, le département, la région). Ils sont victimes d'une politique générale de décentralisation. Il faut faire des choix, alors on tape dans la culture, c'est toujours comme ça, se désole François Floret. Mais je n'ai pas l'habitude de mordre la main de quelqu'un qui m'a donné de l'argent».

Le festival survit grâce à sa «petite armée» - ses 680 bénévoles -, un cadre de rêve (le Fort de Saint Père) et un label qualité bien assis par les médias. Cette année, François Floret mise sur l'effet anniversaire. Vendredi soir, 18.600 billets avaient déjà été vendus. Dont 10.000 pour Massive Attack. «On va dépasser les 20.000 cette année (Ndlr: contre 15.000 en 2009). C'est une dynamique positive, les signaux sont bons. Après, je ne vais pas organiser pas un festival pour moi seul...».

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